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Les Pieds sur Terre (Batiste COMBRET)

note: 4Don Quichotte made in Landes Laëtitia - 17 avril 2018

C’est tout d’abord un coup de cœur pour les Mutins de Pangée, coopérative cinématographique proposant souvent un catalogue reflétant un certain regard alternatif sur notre société - parmi les plus connus, «Tous au Larzac», «I am not your negro» ou [...]

La Cantine de minuit n° 2 (Yaro ABE)

note: 3Un plat, une histoire Marylène - 6 avril 2018

Brèves de comptoir nocturnes. Entre émotion, humour et chroniques sociales, une lecture entrainante.
Un plat, une histoire. Simple, souvent touchant, dépaysant bien entendu aussi. Verrait-on les mêmes scènes dans une gargote parisienne ? Certaines, mais pas toutes !
La cantine de minuit [...]

Seule à la récré (ANA)

note: 4... Marie-Eve - 3 avril 2018

A l'école primaire, Emma est harcelée par Clarisse, une fille de sa classe : moqueries, insultes, brimades, coups, mise à l'écart. Clarisse s'en prend à Emma car, pour se sentir mieux dans sa peau, il lui faut une personne qui [...]

Le Joueur d'échecs (David SALA)

note: 4"Le plaisir de jouer s'était mué en délectation morbide et celle-ci en esclavage." Marylène - 21 mars 2018

Une adaptation/hommage au dernier roman de Zweig. Des aquarelles superbes, mêlant des personnages expressionnistes rappelant Egon Schiele, artiste également autrichien et contemporain de Zweig, à une mise en espace à la M.C Escher. Des planches de toute beauté. Une [...]

Soufre (José Luis PEIXOTO)

note: 3... Laëtitia - 14 mars 2018

Galveias est un petit village pittoresque du Portugal, avec ses chênes lièges, ses champs, sa place du village. Le roman est divisé en deux parties : l’histoire commence en janvier 1984 comme un conte fantastique, quand une entité mystérieuse creuse [...]

Le Caire confidentiel (Tarik SALEH)

note: 3... Marylène - 13 mars 2018

Thriller politique classique sur fond de scandale sexuel, de corruption et de misère urbaine.
Alors pourquoi le regarder que vous soyez novice ou vieux briscard du polar ?
1 : On ne vous avait pas menti, le titre annonçait bien que c’était [...]

J'ai lu j'ai vu j'ai entendu... ça m'a plu

 

Les Pieds sur Terre (Batiste COMBRET)

note: 4Don Quichotte made in Landes Laëtitia - 17 avril 2018

C’est tout d’abord un coup de cœur pour les Mutins de Pangée, coopérative cinématographique proposant souvent un catalogue reflétant un certain regard alternatif sur notre société - parmi les plus connus, «Tous au Larzac», «I am not your negro» ou «Citizenfour» (sur le lançeur d’alerte E. Snowden) -.
Ensuite, c’est une approche plus optimiste et pacifiée du casse-tête Notre-Dame-des-Landes : ici, pas de lutte stérile, on met l’accent sur un véritable projet de société et une réappropriation des terres, les squatters sont pacifiques et ont pour la plupart tissé des liens avec les agriculteurs locaux avec qui ils font cause commune.
Alors que le sujet est brûlant d’actualité, il est réconfortant de voir que face à des projets aberrants, il y a toujours des personnes prêtes à se battre en conformité avec leurs idéaux.

La Cantine de minuit n° 2 (Yaro ABE)

note: 3Un plat, une histoire Marylène - 6 avril 2018

Brèves de comptoir nocturnes. Entre émotion, humour et chroniques sociales, une lecture entrainante.
Un plat, une histoire. Simple, souvent touchant, dépaysant bien entendu aussi. Verrait-on les mêmes scènes dans une gargote parisienne ? Certaines, mais pas toutes !
La cantine de minuit c’est celle des cadres de Tokyo comme celle des yakuzas, des étudiants, des policiers, des prostituées. Pour un soir, par habitude, pour la cuisine du chef et pour sa discrétion. Le manga a rencontré un tel succès au Japon qu’il a été adapté en série sur Netflix.

Seule à la récré (ANA)

note: 4... Marie-Eve - 3 avril 2018

A l'école primaire, Emma est harcelée par Clarisse, une fille de sa classe : moqueries, insultes, brimades, coups, mise à l'écart. Clarisse s'en prend à Emma car, pour se sentir mieux dans sa peau, il lui faut une personne qui sera moins bien qu'elle en tout. Emma subit son isolement et encaisse les coups sans rien dire à ses parents, qui se doutent bien que quelque chose ne va pas. Mais un jour, c’en est trop, Emma leur avoue tout. Les parents d'Emma tentent alors de régler le problème. Mais même là, ce n’est pas évident.

"Seule à la récré", c’est une BD qui soulève le délicat problème du harcèlement scolaire dans toute sa complexité, depuis la cour de récré jusqu’à la direction de l’école, en passant par les parents et le corps enseignant.
Car le harcèlement scolaire est un tout, et sous l’humour et les gags, le message est clair : il ne suffit pas que d’un bourreau ; les complices silencieux sont tout autant coupables. Mais au-delà de ce constat, cette BD transmet un beau message d’espoir : l’enfant peut sortir de cette spirale lorsqu’il n’est plus seul à affronter cette situation.

Une belle BD, tout en humour et en finesse, qui redonne la volonté de se battre contre ce fléau et le courage de le faire. A mettre entre toutes les mains !

Le Joueur d'échecs (David SALA)

note: 4"Le plaisir de jouer s'était mué en délectation morbide et celle-ci en esclavage." Marylène - 21 mars 2018

Une adaptation/hommage au dernier roman de Zweig. Des aquarelles superbes, mêlant des personnages expressionnistes rappelant Egon Schiele, artiste également autrichien et contemporain de Zweig, à une mise en espace à la M.C Escher. Des planches de toute beauté. Une atmosphère troublante parfaitement rendue par la combinaison de la palette de couleurs, des regards intenses et des perspectives vertigineuses.
David Sala, illustrateur à l’univers graphique sophistiqué, met son art au service du récit puissant de Zweig. Remarquable.

Soufre (José Luis PEIXOTO)

note: 3... Laëtitia - 14 mars 2018

Galveias est un petit village pittoresque du Portugal, avec ses chênes lièges, ses champs, sa place du village. Le roman est divisé en deux parties : l’histoire commence en janvier 1984 comme un conte fantastique, quand une entité mystérieuse creuse un énorme cratère dans un champ et donne lieu à des phénomènes inexpliqués (pluies diluviennes, pain au goût de soufre, perturbation de l’humeur). On pourrait la qualifier de «mise en place» du décor. Puis advient la seconde partie (la plus importante), dans laquelle le lecteur est projeté quelques mois plus tard et qui bascule dans la chronique sociale.
L’odeur nauséabonde de soufre persiste, elle est une métaphore à la fois du déclin rural et du délitement des rapports humains. On y fait connaissance des personnages centraux du village, et peu à peu les secrets se font jour et les sentiments s’exacerbent. Famille cachée en Guinée pour le facteur, rancune tenace puis réconciliation entre deux frères, misère sexuelle pour la plupart, Peixoto dépeint une galerie de portraits de petites gens avec justesse et sans concession.
Une belle découverte que cet auteur quadragénaire portugais.

Le Caire confidentiel (Tarik SALEH)

note: 3... Marylène - 13 mars 2018

Thriller politique classique sur fond de scandale sexuel, de corruption et de misère urbaine.
Alors pourquoi le regarder que vous soyez novice ou vieux briscard du polar ?
1 : On ne vous avait pas menti, le titre annonçait bien que c’était le petit frère de L.A Confidential, film des années 90 ayant associé Kevin Spacey et Kim Basinger dans une nébuleuse du crime similaire.
2 : Pour Le Caire. Tentaculaire, bruyante, jeune, si jeune…
3 : Pour la réalisation de Tarik Saleh, artiste plasticien suédois d’origine égyptienne. Premier long-métrage, quelle maîtrise !

4 : Pour Fares Fares dans le rôle du flic-qui-lâche-rien-même-si...Présence féline, échalas au regard sombre sous le sourcil broussailleux, profil aquilin. Un physique taillé pour le cinéma d’auteur ou les rôles de super méchant dans les blockbusters, en tout cas, pas la tête de monsieur tout-le-monde.
Tout n'est pas inédit dans ce film, mais l'ambiance est prenante et le casting séduisant.

L'Homme gribouillé (Serge LEHMAN)

note: 3... Marylène - 8 mars 2018

Du lourd ! Déjà au sens propre, vous verrez rarement BD aussi épaisse ! D’ailleurs je crois que malheureusement beaucoup passeront à côté à cause de cette caractéristique.Dommage, elle ne se lit certes pas dans les transports en commun, mais se dévore pourtant en quelques heures tant elle vous embarque dans son univers graphique et narratif. Du lourd vraiment ! De l’aventure, de l’histoire, une enquête. Mais aussi une histoire de femmes, une saga familiale, un conte fantastique presque mythologique.
Et bien-sûr, Frederik Peeters, encore une fois, en noir et blanc, son dessin dont on reconnaît la patte tout en admirant la capacité à se renouveler.

Ni vues ni connues (COLLECTIF GEORGETTE SAND)

note: 3Faut-il s’appeler Georges pour être prise au sérieux ? Marylène - 2 mars 2018

Partant du constat que les femmes d’exception ne sont pas au Panthéon, rarement dans les livres d’histoire, peu souvent dans les mémoires, le collectif Georgette Sand présente quelques-unes de ces oubliées de la renommée.
Non, le propos n’est pas d’affirmer la supériorité des femmes, il ne s’agit pas du tout d’un féminisme agressif. Mais ces portraits démontrent les processus d’invisibilisation qu’elles subissent.
Une femme peut-être derrière, autour, éventuellement tout contre ou aux côtés d’un homme d’exception, mais elle ne peut être LA personne d’exception. Qu’en penserait Mme Winnie Mandela ?... C’est pourquoi au lieu d’être présente dans une biographie des grands hommes, vous la trouverez plutôt citée dans une collection pour enfant.
C’est également la raison pour laquelle elle a plus de chance de finir dans un recueil de contes et légendes de sorcellerie plutôt qu’au pupitre du Prix Nobel, n’en déplaise à Mme la comtesse Bathory.
Quand sa vie de combat n’est pas résumée qu’à un fait anecdotique (n’est-ce pas Mme Rosa Parks, qui, si fatiguée, un jour, ne put se lever de sa place de bus pour la céder à un blanc…).
Elle peut faire de l’événementiel mais pas changer le monde, en découvrant que la terre est ronde, en libérant l’art du modèle figuratif ou en dépistant une maladie génétique par exemple...
Chaque femme fait l’objet de 2 ou 3 pages, clair, concis et souvent très drôle. Un ton volontairement humoristique teinté d’insolence pour amener la réflexion de fond avec souplesse. Encore une fois messieurs, ouvrez ce livre, n’y voyez pas une déclaration de guerre !

Tenebra Roma (Donato CARRISI)

note: 4Rome apocalyptique Laëtitia - 28 février 2018

En l’An 1521, le Pape Léon X émit une bulle comme quoi Rome ne devait jamais se retrouver dans l’obscurité. De nos jours, suite à des conditions climatiques exceptionnelles (crue du Tibre) et à une coupure d’électricité de 24 heures, la ville éternelle est plongée dans le noir et un couvre-feu est décrété.
«Tenebra Roma» est le troisième volet de la série mettant en scène Marcus, prêtre aux méthodes peu orthodoxes, chasseur de mal, et Sandra, photographe pour la police scientifique. Tous deux enquêtent sur une disparition vieille de neuf ans, la mort suspecte d’un cardinal et des meurtres rituels.
Flics corrompus, hommes d’église troubles, missionnaire serial-killer caché par l’ordre des Veuves du Christ, ordre satanique, les péripéties et les chausse-trapes nous emportent dans un tourbillon de crimes tous plus atroces les uns que les autres.
A la fois thriller ésotérique et thriller psychologique, on ne peut se résoudre à lâcher ce roman qu’à la toute dernière page.

Betty Boob (Véronique CAZOT)

note: 3"Si tu ne peux plus me regarder, alors je ne veux plus te voir" Marylène - 15 février 2018

Attention récit burlesque ! Et pourtant, sujet pesant. Le cancer du sein…Et après ? Déconstruction, reconstruction, implosion puis explosion. D’un thème en béton armé, les auteures font une œuvre onirique.
Tout commence par l’ablation du sein de l’héroïne. Immédiatement, sans parole, le dessin flamboyant de Rocheleau restitue avec intensité les pensées comme les émotions.
Aucune information médicale, pas de témoignage. Juste un parcours imaginaire dans une envolée expressionniste.
Déroutant, pas toujours agréable je dois l’admettre, mais riche.

Les Danois (CLARKE)

note: 3... Laëtitia - 15 février 2018

S’agit-il d’une épidémie ou de manipulations génétiques orchestrées par de grands laboratoires pharmaceutiques ? Partant de ce postulat dramatique, Clarke imagine dans cette BD d’anticipation des communautés immigrées du Danemark, puis d’Europe, victimes du virus «blond aux yeux bleus», qui devient dominant et modifie le patrimoine génétique.
Cette théorie en apparence farfelue mais qui a été validée par des épigénéticiens nous laissent entrevoir un futur où la population serait alors divisée en deux camps : ceux qui considèrent qu’en devenant tous identiques, il n’y aurait plus de racisme et de division, et ceux qui réclament un vaccin afin de garder leurs droits à la différence.
D’un point de vue graphique, j’aime beaucoup le dessin réaliste, le focus sur les visages des personnages principaux, et du point de vue de l’histoire, j’ai apprécié ces interrogations philosophiques, même si elles auraient méritées d’être approfondies.
Une BD originale à découvrir absolument.

Le lys noir n° 1
Faustine (François LARZEM)

note: 5Une justicière masquée Pauline - 14 février 2018

Combats à l'épée, inventions folles, complots, courses poursuites, morts. Beaucoup d'action et pas de longueurs ni de mièvreries. Faustine est une justicière masquée et terriblement attachante. L’auteur, François Larzem nous livre ici un roman rythmé, bourré d'aventures et de rebondissements.
C'est un excellent Young Adult, qui offre un univers que l'on ne rencontre pas si souvent, et développé avec beaucoup de talent. En bref, ce roman de cape et d'épée et de morts-vivants (oui oui aussi !), sort du lot et se déguste sans modération!

Simon Thorn n° 1
Simon Thorn et le sceptre du roi animal (Aimée CARTER)

note: 4... Pauline - 14 février 2018

Simon est un jeune garçon qui souffre de l'absence de sa mère. Il vit avec son oncle, surprotecteur ! Mais Simon a un secret, un don extraordinaire, il parle aux animaux et plus encore… !!! Un premier tome bourré d'action et de découvertes que l'on passe aux côtés d'un héros attachant, les pages défilent à toute vitesse et on en redemande ! Vivement la suite !

Le Manuscrit de Beyrouth (Jabbour DOUAIHY)

note: 3... Marylène - 10 février 2018

Surprenant, ce roman qui semblait commencer dans le plus grand sérieux, prend des allures cocasses.
Les personnages lisses et presque rigides, s’effritent de petits travers en petites moqueries.
L’auteur parvient à nous faire suivre avec intérêt croissant, un protagoniste qui n’est pourtant même pas attachant.
La grande réussite de ce roman, c’est ce personnage hors du commun : l’imprimerie.
Fabuleuse, elle fait vibrer le récit de son aura romanesque ! On retrouve cette forme de littérature moyen-orientale, la saga familiale à travers l’histoire du pays. Mais ce n’est pas le fond du sujet. Jabbour Douaihy, professeur à l’université de Tripoli, traducteur et écrivain, moucharde le monde de l’édition, s’amuse de l’égo de l’auteur et de ses mythes fondateurs, ironise sur ses amours. Même pas méchant, ce roman n’est pas non plus triste, rare donc !

Les enquêteurs de l'Antiquité n° 1
Le cobra d'or (Alain SURGET)

note: 4Voyage dans l'Egypte antique Pauline - 9 février 2018

« Le Cobra d'or » est le premier tome d'une nouvelle série de romans historiques jeunesse, « Les Enquêteurs de l'Antiquité » d’Alain Surget.
Mérit et Timos vont devoir remplir une mission de la plus haute importance, même s'ils doivent pour cela, risquer leur propre vie ! Ils se retrouvent rapidement au cœur de la pyramide de Khéops pour trouver le cobra d'or, symbole du pouvoir égyptien. L’auteur fait intervenir des personnages historiques ayant réellement existé comme Arsamès, le gouverneur de l’Égypte ou Amyrtée, le prince rebelle.
Alain Surget, passionné d'Antiquité, nous offre une aventure et une enquête policière en plein Ve siècle avant J.-C., en Égypte ! N’hésitez pas, venez découvrir ce nouveau roman !

Mon traître (Pierre ALARY)

note: 3Un salaud, c'est parfois un type bien qui a renoncé Marylène - 8 février 2018

On parle de roman pour « Mon traître » car Sorj Chalandon a modifié les noms et pris quelques libertés pour relater sa propre histoire d’amitié trahie avec Denis Donaldson, figure emblématique de l’IRA. Pour le cœur du sujet, tout est vrai et d’autant plus déchirant.
Adapté au théâtre, le récit qui continue de fasciner, est aujourd’hui mis en images.
Evidemment, on ne retrouve pas toute la profondeur de la nature des relations qui unit les 2 hommes en quelques planches comme en 300 pages de roman.
D’autre part, ce témoignage touche à plusieurs questions existentielles, l’amitié, la confiance, la liberté… Mais s’il en est une qui me frappe dans cette adaptation, c’est bien celle de l’engagement. Qu’est-ce qui pousse ce jeune français à se plonger si intensément dans une guerre qui n’est pas la sienne comme le lui rappellent sans cesse ses amis en France comme en Irlande.
Bien que tenu fermement à distance par les irlandais, il ne peut s’empêcher d’embrasser la cause jusqu’à rendre des services à L’IRA. Dans la BD, le survol de la genèse du lien qu’il tisse avec le pays, rend cette adhésion, pratiquement cet abandon, un peu invraisemblable.
Néanmoins, elle rend fidèlement l’atmosphère et les personnages sont bien incarnés sous les traits durs et les nuances de bistre et de brun. Surtout, elle ne trahit pas la force d’un récit qui permet à chacun de s’interroger précisément sur sa capacité à trahir.

Gabriële (Anne BEREST)

note: 3Gaby oh Gaby Laëtitia - 31 janvier 2018

Gabriële Buffet-Picabia a toujours été en avance sur son temps, et son premier fait d’arme sera d’être la première femme à intégrer la Schola Cantorum, dans la classe de composition, à l’âge de 17 ans. Pour fuir une éducation traditionnelle et échapper à l’imminence d’un mariage arrangé, elle part pour Berlin suivre les cours magistraux de Ferruccio Busoni. Là, elle découvre l’effervescence de la création et l’émulation intellectuelle entre artistes, mais aussi la vie de bohème. Mais deux ans plus tard, elle lâche tout par amour pour Francis Picabia, génie en devenir dont elle sera sans conteste «l’accoucheuse». Très entourée (aimée de Duchamp et entretenant une amitié forte et dénuée d’ambiguïté avec Apollinaire), elle n’en demeurera pas moins la femme d’un seul homme, malgré ses crises maniaco-dépressives, son goût prononcé pour l’opium et ses nombreuses maîtresses.
Dans ce roman biographique écrit à quatre mains par les arrière-petites-filles de Gabriële, c’est tout un pan de l’histoire de l’art du début du XXe siècle qui s’anime devant nos yeux éblouis et voit l’avènement des avant-gardes en peinture (cubisme, futurisme), littérature (dadaïsme) et musique (Stravinsky et son révolutionnaire «Sacre du printemps», Debussy, Ravel…).
C’est aussi une réhabilitation de la figure de Gabriële, paradoxale car à la fois féministe et s’effaçant pour laisser toute la place à Picabia. Cette artiste malgré elle, dont on trouve le nom dans la biographie des autres, a enfin droit à la lumière et ce n’est que justice.

L'Hermine (Christian VINCENT)

note: 3... Marylène - 27 janvier 2018

Il y a les films d’auteur et les films d’acteur, celui-ci est à ranger dans cette dernière catégorie.
Tout repose sur le jeu délicat du tandem Fabrice Luchini- Sidse Babett Knudsen.
Mention spéciale à l’ensemble des comédiens d’ailleurs, jurés, témoins ou avocats.
Le scénario ne pèse pas lourd finalement dans cette histoire sentimentale salvatrice entre un président de tribunal aigri et une femme médecin dévouée, sur fond d’un procès d’infanticide. Chacun dans son rôle hautement symbolique dans la société, elle sauve il juge, frôlant la caricature de la belle et la bête …Et pourtant, ce film est finalement touché par la grâce. Ni sordide ni mièvre, il évite les écueils et devient juste touchant.
Luchini énorme, même ceux qui n'aiment pas ce comédien clivant ne pourront pas cette fois lui reprocher son emphase. c'est Luchini tout en retenu.

Plonger (Christophe ONO-DIT-BIOT)

note: 3Autopsie d'une passion Laëtitia - 19 janvier 2018

«Plonger» est l’histoire d’une passion amoureuse qui finit mal, une variation d’Orphée et d’Eurydice. En effet, César (quasi double de l’auteur) de par le pouvoir incantatoire des mots, tente de faire revenir l’être aimé, Paz, d’entre les morts. Au-delà d’un homme amoureux désireux de faire advenir ce qui n’est plus, c’est le souci du père de transmettre à leur enfant des souvenirs d’une mère qu’il n’aura que très peu connue qui le pousse à convoquer ses souvenirs.
D’où la structure de ce roman proche de l’autofiction qui s’articule en trois parties : la première évoque la passion naissante, la deuxième les malentendus qui gangrènent peu à peu leur relation et la troisième le départ de César aux Émirats pour recueillir la dépouille de Paz et tenter de comprendre le besoin d’évasion de sa femme, sa fascination pour les squales (elle avait adopté un requin-marteau) et sa fin tragique.
Que les choses soient claires : «Plonger» n’est pas «Belle du seigneur» et n’est pas Albert Cohen qui veut. Néanmoins, en dépit des critiques littéraires (plutôt «vachardes» pour certaines) et de lieux communs sur le monde de l’art, voire des personnages trop convenus (qu’il est agaçant ce stéréotype de l’Espagnole aux yeux de braise et au caractère volcanique, mais bon), la lecture de «Plonger» résonne encore longtemps en vous.
Car l’auteur excelle à faire ressentir la saveur des premières fois (premier contact charnel, premier voyage dans les Asturies, premiers émois face à son fils). Et dans la dernière partie du roman (la plus réussie selon moi), la poésie avec laquelle il décrit le monde aquatique et ce besoin d’une connexion à la nature fonctionne à merveille, puisqu’on a presque la sensation d’être soi-même immergé dans ces abysses.
Alors … plonger !

Frigiel et Fluffy n° 1
Le mystère des pastèques perdues (FRIGIEL)

note: 3Frigiel et Fluffy en BD ! Marie-Eve - 17 janvier 2018

Que faire quand on a 23 ans, une chaîne Youtube sur Minecraft et des podcasts à plusieurs millions de vues ?

Facile : adapter en roman "Frigiel et Fluffy", la mini-série phare de sa chaîne Youtube, se rendre compte du succès desdits romans et dans la lancée publier une BD sur le même principe.

C’est facile, me diriez-vous. Oui, certes. Et encore : avec les graphismes Minecraft assez pixélisés et aucune expérience dans le monde de la BD, ce n’était pas franchement gagné. Sauf que Frigiel, de son vrai nom Alexandre, a du talent. Et qu’en gamer passionné, il n’hésite pas à nous en faire profiter.

Le résultat : une BD fraîche et dynamique, des héros qu’on connait déjà mais qu’on aime quand même beaucoup, de l’humour et de l’aventure.

De quoi satisfaire les passionnés de Minecraft !

Chaleur (Joseph INCARDONA)

note: 3... Marylène - 11 janvier 2018

Drôle de petit roman que celui-ci.
Le sujet dérive d’un fait divers survenu lors des championnats du monde de sauna en 2010 à Heinola, Finlande. Déjà plusieurs éléments troublants dans cette présentation !
A osciller entre trivialité et humour on hésite entre rire et agacement. Mais Les intentions sont honnêtes et les personnages suffisamment incarnés pour se laisse finalement porter par le récit.
Une écriture affutée au polar mise au service d’une satire sociale.

Les Huit montagnes (Paolo COGNETTI)

note: 3... Laëtitia - 4 janvier 2018

Paolo Cognetti vit depuis plus de dix ans à 2 000 mètres d’altitude, dans un hameau du Val d’Aoste, où il mène une vie proche de la nature, à l’abri de notre civilisation urbaine où surconsommation, stress et course après le temps prédominent.
«Les Huit montagnes» est l’histoire d’une amitié entre deux garçons, Pietro le jeune milanais qui vient passer ses vacances d’été à Grana, et Bruno, berger. Bien des années plus tard, une fois adulte, Pietro retourne à l’alpage et renoue avec Bruno une amitié tissée de pudeur, de randonnées et de joies simples : «Au coucher du soleil nos soirées interminables commençaient. L’horizon au fond du vallon rougissait quelques minutes à peine, avant qu’il ne fasse nuit noire. Après, la lumière était la même jusqu’à l’heure d’aller dormir. Il était six, sept, huit heures, et nous les passions en silence devant le poêle, chacun avec une bougie pour lire, la clarté du feu, le vin qui devait nous faire tenir, la seule distraction du dîner».
Mais c’est aussi l’histoire d’une filiation, avec un père tour à tour taiseux et colérique, qui tente de transmettre maladroitement à son fils son amour des sommets et son amour tout court.
Ce prix Médicis étranger 2017 vous ravira si vous aimez les amitiés enfantines à la Pagnol, la pudeur des sentiments et la nature.

Ki & Hi n° 2
Une famille de fous ! (Kevin TRAN)

note: 4Le Rire jaune : de Youtube au manga. Marie-Eve - 2 janvier 2018

Du talent, Kévin Tran en a à revendre.
Youtuber reconnu, avec une chaîne – Le Rire Jaune - à plusieurs millions d’abonnés, il enchainait déjà les podcasts humoristiques, entrainant avec une énergie et un dynamisme sans faille son petit frère Henry dans la foulée.
De scénariste Youtube à scénariste manga, il n’y a qu’un pas. Mais encore faut-il le franchir…

Pari cependant réussi. Les histoires sont courtes, mais drôles, emportant les deux frères dans un tourbillon de situations cocasses et de gags loufoques et malgré tout bien ficelés. Les personnages sont parfois un peu tirés par les cheveux, mais on s’y attache sans peine tant ils sont cohérents dans cet univers complètement décalé.

Pour faire simple, Ki et Hi, c’est un manga feel-good à lire par tous les temps.

Le 28 octobre (Piero CHIARA)

note: 3L’éducation sentimentale de Candide au bord du lac Majeur. Marylène - 28 décembre 2017

Légère, cette nouvelle tout en sourire prend l’allure d’une farce grivoise dans une petite ville d’Italie. On s’y moque doucement mais sûrement de la bourgeoisie provinciale et des pantins de Mussolini.
Une lecture light mais pas sans saveur pour autant, il y a comme une deuxième couche à l’intérieur !

Le Premier homme (Jacques FERRANDEZ)

note: 3... Marylène - 27 décembre 2017

Avec cette adaptation de roman en BD, vous aurez deux biographies et un documentaire historique pour le prix d’une fiction.
« Le Premier homme » c’est déjà l’histoire étonnante d’un roman inachevé et publié 30 ans après la mort d’Albert Camus grâce à l’intervention de sa fille.
Récit autobiographique de sa jeunesse à peine déguisé sous les traits du jeune Jacques Cormery, Ferrandez lui aussi né à Alger, s’y retrouve étrangement, troublé au point d’en proposer une illustration éloquente. Cela dit, Ferrandez, l’auteur des Carnets d’orient, n’en n’est pas à son coup d’essai, c’est sa 3ème adaptation de Camus en BD.
Le lecteur peut donc lui faire confiance pour restituer l’atmosphère méditerranéenne dans toutes ses couleurs, ses colères, sa complexité.
Colonisation et décolonisation en toile de fond, évocation inévitable mais dosée des problématiques politiques.
Quant au récit, il force davantage l’admiration que l’on peut avoir pour l’homme autant que pour l’écrivain. Des figures puissantes dans l’ombre de l’enfance : la mère illettrée et malentendante, le père mort à la guerre, l’instituteur providence et l’inflexible grand-mère armée de son nerf de bœuf.
Par certains aspects, on retrouve des éléments communs avec la vie d’Albert Cohen, la honte de la pauvreté, la honte d’avoir honte, l’amour incommensurable pour la mère, le grand écart social entre l’enfance et l’âge adulte.
Un BD touchante qui donne envie de relire Camus.

Ils étaient tous mes fils (Arthur MILLER)

note: 3"Je sais que tu n'es pas pire que les autres" Marylène - 23 décembre 2017

Encore étudiant au moment où il écrit cette pièce, Arthur Miller fait preuve d’une maturité précoce sous une plume narquoise.
Tous étaient mes fils ou le drame du « j’ai fait ce que je pensais être le mieux pour vous mes enfants, même au prix de la vie des autres ».
Arthur Miller dissèque le torse bombé des cadors et gratte les façades rangées des saintes familles. Et que dévoile-t-il ? L’Amérique d’après-guerre, héroïne aux mains sales, gorgée de dollars et de morale dominicale.
Cette courte pièce de théâtre encore jouée 60 après (parue en 1947 aux Etats-Unis) ne perd rien de son sens. « Rien de nouveau sous le soleil» nous avertissait Salomon…
« Je sais que tu n'es pas pire que les autres mais, je te croyais meilleur parce que, pour moi, tu n'étais pas un homme, tu étais mon Père. »

Grand frère (Mahir GUVEN)

note: 3... Laëtitia - 18 novembre 2017

Les romans ont toujours pris le pouls de la société, aujourd’hui, rien d’étonnant à ce que certains auteurs s’emparent de sujets brûlants tels que la difficulté de vivre dans certains quartiers, la tentation du communautarisme, ou encore du djihad. On pense à «Evelyne ou le Djihad» de Mohamed Nedali ou encore aux romans percutants de Julien Suaudeau.
Pressenti pour le Médicis (qu’il n’a pas eu, ce sera sans doute pour une prochaine fois), Mahir Guven nous plonge au cœur d’une fratrie franco-syrienne : Grand frère, chauffeur de VTC et fumeur de ganja, et Petit Frère, l’intellectuel de la famille, infirmier, parti par idéalisme en Syrie pour soigner les civils au sein d’une ONG. Entre eux, le Père, communiste invétéré, une grand-mère adorée mais dévastée par Alzheimer, et le souvenir persistant d’une mère trop tôt emportée par la maladie.
S’ensuit un roman riche en rebondissements (notamment suite au retour de Petit Frère en France), mais c’est aussi un récit de la colère, contre un monde ubérisé qui condamne les êtres à la misère affective et à la paupérisation, colère contre une société qui prône l’égalité mais pas pour tous, colère contre ceux qui embrigadent des enfants vers la mort.
Un roman percutant, juste, sans pathos ni parti pris, porté par une écriture mélangeant «bon français» et langage des cités, pour plus de réalisme.

Correspondance, 1944-1959 (Albert CAMUS)

note: 3... Marylène - 16 novembre 2017

Un échange épistolaire en forme de fossile dans notre siècle digital. 15 années de communication couchées sur du papier sans emoticône, sans abréviation ni acronyme. Une correspondance dont on peut mesurer la longueur et la lenteur en cm d’épaisseur et en poids sur les genoux. Illisible dans les transports en commun, incompressible…Totalement inadapté à notre époque. Et c’est là aussi une partie de son charme.
Quand on pense que c’est là le fruit d’une seule liaison et que l’on sait que Camus ne s’en est pas contenté ! Combien diable de lettres a-t-il pu écrire dans sa vie ?! Camus est un fleuve. Et que dire de Casarès ? Libre, combative. Sa plume ruisselle également.
Aussi éblouissantes soient-elles, on ne m’ôtera pas de l’esprit que lire des lettres qui ne nous sont pas destinées, laisse malgré tout un sentiment de malaise. Symptôme d’une génération pré-téléréalité sans doute.
Bien-sûr, on touche souvent à l'universel sous le vernis de leur intimité lorsqu'il est question du sens de la vie, dans une société tout juste libérée des nazis mais pas encore de Franco.

En cuisine avec Kafka (Tom GAULD)

note: 4... Ramuz - 8 novembre 2017

Strips littéraires minimalistes geek et so british. Ultra résumé de la BD de Tom Gauld plus fine qu’elle n’en a l’air sous ses traits naïfs. A l’origine publiée dans le Guardian et relayée dans Le Monde cet été, une friandise pour faire passer le Goncourt et digérer le Femina.

Contes italiens (Paolo TAVIANI)

note: 3Cinéma italien Laëtitia - 2 novembre 2017

Auréolés d’un Ours d’or à Berlin pour «César doit mourir», les octogénaires mais toujours alertes frères Taviani reviennent à leurs premières amours, le cinéma romanesque, sous forme de film à sketchs.
La trame se situe dans le Quattrocento de la Renaissance, où des jeunes femmes et des jeunes hommes bien nés décident de fuir Florence ravagée par le fléau de la peste et d’attendre une accalmie dans la campagne toscane. Ils s’organisent alors en communauté et pour faire passer le temps, ils racontent à tour de rôle des histoires ayant pour thème l’amour et ses nuances, développant particulièrement le thème de l’amour plus fort que la mort. De l’amour courtois aux plaisirs de la chair, du tragique à la farce, le fil rouge de toutes ces histoires est de contrevenir à la morale bien-pensante.
Si les frères Taviani ont respecté cette vision de Boccace, leur dernier film n’en reste pas moins une libre adaptation de cinq contes du «Décaméron». Et si certains critiques ont dénoncé un certain académisme (parfois à raison) et ont vite fait de parler d’un film inégal, il n’en demeure pas moins un film atemporel qui célèbre la vie et l’amour, qui nous transporte tant par ces contes édifiants que par le soin apporté à la photographie léchée nous donnant l’impression d’entrer dans des tableaux de maîtres, et à la musique (Verdi, Puccini mais aussi de la musique moderne) mettant ces scènes en relief.
La sérénité, les nobles sentiments l’emportent ici sur la noirceur de l’âme humaine, voilà qui fait du bien et me fait préférer cette version à celle de Pasolini, plus paillarde et proche de la satire féroce.
Donc, à vous de trancher !

Les Disparues d'Orsay (Stéphane LEVALLOIS)

note: 3... Marylène - 25 octobre 2017

Pour aborder la lecture de cet album honnêtement, il faut tout de suite annoncer qu’il s’agit d’une commande du Musée d’Orsay pour célébrer ses 30 ans d’ouverture. Eh oui, on peine à croire qu’il soit si jeune tant sa renommée est grande, pourtant, il n’était rien avant 1986 qu’une gare désaffectée.
Une fois informé, on comprend la forme un peu catalogue d’expo déguisé.
Ceci explique également le scénario parfois déroutant sous couvert d’atmosphère onirique et relevé de quelques très belles trouvailles.
Néanmoins, les planches sont magnifiques et les amoureux de peinture à la charnière des 19e et 20e siècles seront servis.

L'Art de perdre (Alice ZENITER)

note: 4... Laëtitia - 30 septembre 2017

Naïma a la trentaine, travaille dans une galerie d’art parisienne, et sans doute à un tournant de sa vie, s’interroge sur ses racines et revient sur la douloureuse mémoire de la Guerre d’Algérie, son indépendance, ses dommages collatéraux, dans la France d’aujourd’hui en proie aux attentats et aux questions identitaires. En cette rentrée littéraire, six ouvrages ont pour toile de fond l’Algérie. Si pléthore de romans ont déjà abordé le sujet, notamment avec le déracinement des pieds-noirs, ici il est question du sort des harkis. L’auteur, elle-même petite-fille de harkis, nous livre son roman le plus abouti, restituant avec justesse et émotion la mémoire de la famille Zekkar de 1930 à nos jours.
Cette saga est découpée en trois chapitres, chacun consacré au parcours des trois personnages principaux : Première génération, Ali le patriarche, paysan kabyle prospère qui, même s’il n’a pas fait la guerre aux côtés de l’armée française, est considéré comme un traître et n’a d’autre choix que de prendre le bateau pour sauver sa peau. La deuxième génération est représentée par Hamid, le père de Naïma, passé par les camps de transit français, élève sérieux et appliqué qui va finir fonctionnaire et va devenir le Jaya, (l’émigré qui a tourné le dos à sa communauté). Et enfin troisième génération, Naïma qui a hérité des peurs de son père et s’est forgée une Algérie fantasmée.
Chargée de rassembler l’œuvre éparse d’un artiste dissident, Naïma va devoir se rendre sur la terre de ses ancêtres et aller à la rencontre d’une partie de sa famille paternelle : va-t-elle se sentir appartenir à cette terre et enfin «boucler la boucle» ?
Une saga familiale traversée par le souffle de l’Histoire déjà pressentie pour plusieurs grands prix, qui interroge et captive à la fois le lecteur.

L'Empereur à pied (Charif MAJDALANI)

note: 3... Marylène - 28 septembre 2017

Ca y est, la petite fraicheur du matin vous fait remonter le col, on vous a annoncé l’automne partout, vous vous dîtes que c’est le moment de foncer chez la libraire pour choisir un « bon livre ».
Et là, la libraire vous fait remarquer que cette année encore, la rentrée littéraire est sous le signe du Prozac… Alors faut-il allumer la télé ?
Non, le mage de la littérature épique est là ! Majdalani et son Empereur à pied vous entraineront, loin de la routine. A travers siècles et espaces infinis, du nouveau continent sauvage à la vieille Italie aristocrate en passant par l’Asie insaisissable, un parcours euphorisant.
Outre le sens de l’aventure, Majdalani sait fouiller l’homme dans tout ce qu’il a de beau et tout ce qu’il a de laid, sans faire regretter d’être né pour autant.
Livre salutaire pour lutter contre la baisse de luminosité.

Summer (Monica SABOLO)

note: 4... Laëtitia - 16 septembre 2017

«Nous avions couru dans le noir jusqu’au bord de l’eau. Nous nous étions déshabillés à toute vitesse, et sous nos pieds, les rochers étaient aussi doux qu’une moquette humide. Les réverbères se reflétaient dans le lac, on aurait dit qu’ils brillaient depuis les profondeurs. […] Je voyais la terrasse où nous étions assis, quelques minutes auparavant, et soudain, tout semblait aussi simple que d’entrer dans un univers parallèle, une faille dans l’écorce terrestre, où nous flottions, suspendus entre la voûte étoilée, telle une cloche scintillante posée sur la terre, et les abysses sous nos pieds».
Ici, le Léman est un personnage à part entière, tour à tour splendide, inquiétant, féérique, parfois métaphore de l’âme humaine, où dans les profondeurs se cachent des monstruosités. L’écriture poétique, l’atmosphère onirique, portent de bout en bout une histoire âpre, celle de Summer, jeune fille de 19 ans auréolée de cheveux blonds soyeux, aux longues jambes, symbole de la jeunesse dorée genevoise, qui disparaît un jour d’été. Qu’est-il advenu d’elle : kidnapping, meurtre, noyade, fuite ?
Vingt-cinq ans plus tard, le narrateur, son frère Benjamin, se replonge dans ce mystère, bien décidé à le résoudre, et à en finir avec ses cauchemars aqueux et ses souvenirs d’enfance flous. Peu à peu, le vernis social s’effrite, la vérité se fait jour.
Monica Sabolo excelle plus que jamais, entre excursions en voiliers et fêtes, à décrire ces familles de notables où sous des dehors bling, la violence et l’horreur sont tapies.
Sélectionné sur de nombreuses listes de prix (dont le Goncourt), «Summer» est une des révélations littéraires de septembre à lire absolument.

Dans les Forêts de Sibérie (Safy NEBBOU)

note: 3... Marylène - 9 septembre 2017

Adaptation libre du récit autobiographique de Sylvain Tesson.
Avec le refrain ordinaire du jeune urbain renonçant à son confort pour se retrouver, à la source de la vie sauvage, le réalisateur parvient à faire une chanson si ce n’est nouvelle, du moins séduisante. Et si le scénario ne vous emballe pas, le lac Baïkal à lui seul justifie la séance.

La belle et la bête - Le film (Bill CONDON)

note: 5Toute la féerie de Disney Pauline - 8 septembre 2017

Magique, féerique… Un film merveilleux comme Disney sait le faire. On en prend plein la vue, couleurs, personnages animés, musique… Cette version de « La belle et la bête » est à couper le souffle. Pas d’âge limite pour se laisser entraîner dans cette fabuleuse histoire, que l’on connait tous, mais qui tient toutes ses promesses.

Dégradé (Arab NASSER)

note: 3... Marylène - 7 septembre 2017

Certains utilisent le taxi, d’autres préfèrent le salon de coiffure pour dame comme observatoire de la société.
Pour la forme, ce huis-clos semble avoir été écrit pour le théâtre. Scène unique où sont piégées des femmes d’origines sociales diverses ayant pour seuls points communs de vivre dans un pays en guerre et d’être allées ce jour-là chez la coiffeuse slave.
Lumière d’intérieur, tons chauds, mobilier disparate. Dehors, la menace.
Non sans rappeler Caramel de Nadine Labaki au départ, « Dégradé » adopte un ton bien plus grave.
Ambiance électrique, ventilateur vrombissant, personnalités stéréotypées- pour la bonne cause didactique- néanmoins attachantes. Un tableau de Delacroix qui prend vie avec ses femmes, son lion, ses drames, l’orient.
Film écrit et réalisé par le tandem de frères jumeaux du cinéma palestinien, Tarzan et Arab Nasser. D’ailleurs présence féline de Tarzan à l’écran, icône des guerres intestines, de la virilité brutale, aux yeux cernés de khôl.

L'Amie prodigieuse n° 3
Celle qui fuit et celle qui reste (Elena FERRANTE)

note: 3... Marylène - 2 septembre 2017

Tant de chroniques dans tous les médias, tant de bruit jusqu’à la nausée, forcément, on aborde la lecture avec un apriori.
Alors oui, ce roman peut être clairement qualifié de féminin, mais cela n’en fait pas une bluette pour autant.
Les thèmes abordés touchent à l’universel, Naples est un personnage puissant à part entière, le quartier palpite et l’histoire de l’Italie frémit. Les personnages hauts en couleur ont assez de nuances pour ne pas être caricaturaux.
Cette trilogie a ce je ne sais quoi en plus qui fait mordre à l’hameçon, peut-être assez facilement si l’on est sensible à la culture méditerranéenne.
Si c’est votre cas, vous ne verrez pas filer les 3 premiers volumes et vous attendrez le 4e avec impatience.

Les Furies (Lauren GROFF)

note: 4Perle littéraire Laëtitia - 1 août 2017

C’est le roman d’une histoire d’amour sur vingt-trois ans, celle qui unit Lotto, fils de bonne famille au charisme rayonnant et Mathilde, à la beauté étrange et réservée. Tout commence comme un conte de fée, le coup de foudre lors d’une soirée étudiante, puis un mariage précipité qui n’a pas la bénédiction de la mère de Lotto, qui lui coupe les vivres, pensant ainsi ramener son fils à la raison. Mais Lotto et Mathilde n’en ont cure, peu importe le dénuement, la précarité des petits boulots, de par leur passion, ils sont nimbés d’un halo de grâce qui attire dans leurs feux un nombre incalculable d’amis avec qui ils constituent une nouvelle famille. Car ce sont avant tout deux âmes fragiles, en manque de famille, Lotto n’ayant pas revu sa mère depuis son adolescence, quand il a été en pension en Suisse, et Mathilde qui fait preuve d’un mutisme total sur son passé. Et quand d’acteur raté, Lotto se révèle un excellent dramaturge et rencontre le succès, c’est un tourbillon de fêtes et la vie semble plus douce. Telle est la première partie du roman, la vision de Lotto sur son couple idéalisé et ses impressions d’artiste.
Et puis vient la seconde partie et là, ça décoiffe, le récit se déploie depuis le regard narratif de Mathilde, modifiant la version initiale (mais chut, gardons le suspense entier !).
Un roman sensible qui sonde en profondeur l’âme humaine, qui vaut autant par l’originalité de sa construction que par le savoir-faire romanesque de l’auteur.

Cherche mari désespérément (Ghada ABDEL AAL)

note: 3... Marylène - 28 juillet 2017

Réédition du roman « La Ronde des prétendants » paru en 2013 renommé pour l’occasion « Cherche mari désespérément »
Rien ne prédestinait Ghada Abdel Aal, pharmacienne trentenaire de son état, à devenir l’auteur d’un best-seller traduit dans plusieurs langues après avoir été la blogueuse la plus suivie du monde arabe.
Mais voilà, cette femme a décidé de mettre sa fierté de côté pour parler franc de sa situation de femme célibataire (vieille fille dès 23 ans en Egypte si l’on en croit son héroïne !).
Avec énormément d’humour, elle nous fait vivre le quotidien à rebondissements de Bride, une jeune pharmacienne célibataire pressée par son entourage de trouver rapidement un mari...Hum, toute ressemblance avec l’auteure…Raison pour laquelle c’est aussi drôle que grinçant. Certes la comparaison avec Bridget Jones est inévitable, mais on décèle une dimension sociologique en plus dans ces brèves de famille.
Il est difficile d’admettre qu’on a beaucoup ri de situations parfois si humiliantes pour cette femme, mais c’est ainsi qu’elle a souhaité nous parler d’elle et évoquer sa situation délicate. Alors respectons son parti pris, moquons-nous de ces hommes ridicules, rions franchement à leur barbe !

Inhumaines (Philippe CLAUDEL)

note: 2La caricature est un art difficile et la critique est aisée Marylène - 27 juillet 2017

Oui, Philippe Claudel a coutume d’utiliser l’humour noir, l’absurde, pour évoquer notre société folle. Mais, car bien-sûr il y a un mais, le burlesque de la pièce Le Paquet et les non-dits du roman Le Rapport de Brodeck, étaient bien plus pertinents que le ton outrancier adopté dans ces nouvelles.
Ça fait un peu « auteur en manque d’inspiration s’adresse à lecteur en manque de sensation».
Etonnant de la part de cet homme qui semble pourtant honnête. Une tentative « trash » peu réussie néanmoins, pas de quoi crier au crime comme ont pu le faire certains critiques. L'avantage des nouvelles c'est qu'on peut piocher et ne pas se resservir.

Alceste à bicyclette (Philippe LE GUAY)

note: 4Un misanthrope à l'île de Ré Laëtitia - 25 juillet 2017

Gauthier Valence (Lambert Wilson), quinquagénaire sexy, acteur adulé pour son interprétation du docteur Morand dans une sitcom insipide dont on sent qu’il n’assume pas vraiment la filiation, se rend sur l’île de Ré retrouver Serge Tanneur (Fabrice Luchini), dont «L’ami du genre humain n’est pas du tout mon fait», acteur dégoûté du microcosme artistique parisien, d’où l’exil en Charente-Maritime. Valence nourrit l’espoir de convaincre son vieux comparse de renouer avec le théâtre et de jouer avec lui le «Misanthrope».
Commence alors un semblant de parade nuptiale, où les personnages se flattent l’un l’autre, puis entament les répétitions, alternant les rôles d’Alceste et de Philinte. Pour les amoureux de la langue de Molière, c’est un véritable régal que d’entendre ces alexandrins déclamés par un Fabrice Luchini en représentation perpétuelle, et un Lambert Wilson qui ne démérite pas, plus en sobriété mais tout aussi efficace. Mais l’intérêt du film réside aussi dans ce qu’il nous interroge sur la relation à l’autre, sur le masque social dont on veut couvrir l’autre, et cela transparaît au gré des répétitions mais aussi des intermèdes de détente (rencontre avec une belle Italienne, une jeune blonde actrice de films x), où chacun se révèle dans sa complexité, tour à tour mesquin et généreux, manipulateur et bienveillant.
Un excellent film éreinté à sa sortie par de nombreux critiques de cinéma, comme souvent à côté de la plaque, et qui nous donnent envie de nous muer en Alceste pour moquer ces Philinte, mais bon, restons smart…

Arrêtez-moi là (Gilles BANNIER)

note: 3Erreur judiciaire Laëtitia - 11 juillet 2017

Un chauffeur de taxi, la trentaine, serviable (il livre les courses à sa vieille voisine, dépose deux étudiantes éméchées à leur cité U sans leur faire payer la course), tel est le coupable idéal de cette sombre histoire d’enlèvement de fillette. S’inspirant du roman éponyme de l’écrivain écossais Ian Levison, Gilles Bannier nous livre un thriller efficace, prenant, bien que non dénué de clichés et de maladresses – on déplorera notamment le manque de réalisme concernant les scènes de tribunal, où la défense n’a quasiment pas droit à la parole-. Néanmoins, ce premier film vous embarque, la description quasi clinique, glaçante, d’une justice semblant plus soucieuse de mettre n’importe qui derrière les barreaux plutôt que de ne coffrer personne, conjuguée aux combines de la police, vous sidère autant qu’il vous indigne. Bref un thriller bien ficelé, à défaut d’être le film du siècle, porté par un superbe casting d’acteurs – Reda Kateb, qui incarne cet homme victime d’une erreur judiciaire, toujours impeccable, sobre, Gilles Cohen, épatant en avocat commis d’office, ou encore Erika Sainte qui incarne une petite amie pas si nette qu’il n’y paraît.

Journées parfaites en Suisse (Salomé KINER)

note: 3Une amie qui vous veut du bien Marylène - 8 juillet 2017

Oui, je veux mon titre d’ambassadrice de l’amitié franco-suisse Monsieur E.
En effet, comme M.E, lecteur averti, vous l’aurez peut-être remarqué, j’ai régulièrement écrit des billets doux à propos d'ouvrages sur ou autour de la Suisse. Curiosité bienveillante envers nos voisins (bienheureux enfants gâtés) et coup de foudre pour les beautés de cet écrin alpin. Sans oublier les villes, que vous pourrez découvrir autrement avec ce guide d’un nouveau genre. Déjà et avant tout, première curiosité l’éditeur, Helvetiq, créateur de jeux dont la petite histoire de présentation mérite votre coup d’œil sur son site.
Pour le contenu c’est un peu « le sentiment géographique » de Gallimard mais version courte : une ville en une journée selon le circuit d’un habitant (stewart, journaliste, cuisinier, cinéaste…). Genève, Bâle, Fribourg, Berne… Littéraire mais concis, pratique, esthétique, épuré …efficace quoi. « Elégant sans ostentation, pratique mais recherché » voici la définition du style zurichois pour l’un des promeneurs de ce guide, elle fonctionne très bien pour le tout ! Bon faut-il encore en jeter ? l’aurai-je enfin mon passeport rouge à croix blanche ?
C’est que je prends des risques moi ! Je m’expose Monsieur E ! Des centaines de frontaliers sont susceptibles de me reprocher cette tendresse sans frontière. D’ailleurs, au moment même où j’écris ces mots imprudents, je guette depuis la fenêtre le bateau de 18h10 qui libèrera des flots de shadocks épuisés (oui c’est ainsi que certains helvètes désignent les frontaliers, c’est mal. Très mal. Comme quoi je note aussi les indélicatesses. Relire à ce propos la chronique sur « Bienvenue au paradis »). Bon mais là je vais me fâcher avec tout le monde, chassée des deux rives, ne me restera que l’exil…Peut-être au Luxembourg, nous verrons… Car même mon supérieur va prendre la mouche, une critique c’est 100 caractères, pas 10000 ! J’arrête.
Veuillez me pardonner Monsieur E de vous avoir pris à partie (amicalement) dans ce billet, mais je vous devais bien ça pour vous remercier de votre regard attentif et indulgent sur tous les précédents !
Service !

Le Ruisseau, le pré vert et le doux visage (Yousry NASRALLAH)

note: 3Tragicomédie sociale à la sauce Bollywood Laëtitia - 27 juin 2017

«Le Ruisseau, le pré vert et le doux visage» est une tragicomédie saturée de couleurs, de saveurs, tout en courbes et sensualité, loin des clichés d’une Egypte austère, même si certaines situations préoccupantes (crime d’honneur, emprisonnement abusif) ne sont pas occultées par Yousry Nasrallah. L’intrigue principale se noue autour du rachat imminent du restaurant de Yehya et de ses fils par un riche promoteur sans scrupules qui souhaite abandonner la savoureuse cuisine traditionnelle pour une insipide chaîne de fast-food. Tout autour vont se nouer des amourettes qui vont éclore lors d’un banquet de mariage (pivot central du film), sur fond parfois de lutte des classes sociales.
Les thèmes entrecroisés de l’amour de la bonne chair et de la chair tout court infusent nombre de romans («Chocolat amer» de Laura Esquivel, «Mise en bouche» de Jo Kyung-Ran) et de films. Celui-ci n’échappe pas à la règle, avec la sensualité des danses de femmes à l’abri des regards, osant même des chants paillards, des chorégraphies à la Bollywood, sans oublier la préparation et l’offrande de nourriture, autre vecteur de sensualité, invite à l’amour charnel, mais aussi véritable déclaration d’amour de Reffat confectionnant une mezikilia à la grecque pour les beaux yeux de Shadia, femme séduisante d’une classe sociale plus élevée que la sienne et plus âgée, revenue des Émirats-arabes unis et à qui il voue quasiment un culte.
Enfin, on notera une fin fantasque, à la limite du surréalisme, qui peut être interprété comme une métaphore de la société égyptienne, entre désillusion et désir de vivre pleinement.

Le Bureau des jardins et des étangs (Didier DECOIN)

note: 4Estampes japonaises Laëtitia - 22 juin 2017

Miyuki, jeune paysanne de Shimae, vient de perdre son époux Katsuro, pêcheur de carpes pour les étangs sacrés du palais impérial de Heiankyo. Pour la survie de son village mais aussi pour honorer la mémoire du défunt, Miyuki décide de livrer ses dernières carpes. Commence alors un voyage initiatique dans le Japon médiéval, qui révèlera Miyuki à elle-même et qui l’ouvrira au monde, longtemps délimité à la rivière Kusagawa.
J’ai particulièrement aimé cette immersion dans un monde méconnu pour un Occidental dans ce Japon du XIIe siècle, avec ses traditions, ses coutumes : le «Yobai» ou «intrusion nocturne» qui consiste à devenir mari et femme sans cérémonie, juste en se glissant dans le lit de sa promise plusieurs nuits ; le «Takimono awase», concours de parfums lancé par l’empereur, ou encore toute la préparation de Miyuki pour se transformer en «yujo», l’équivalent d’une geisha, avec poudrage du teint, dents teintes en noir et empilage de jupons, le tout considéré comme le must en terme de beauté de l’époque. Autre point fort de ce roman, le soin tout particulier apporté à une écriture ciselée qui sait à merveille restituer la beauté des paysages, la singularité de Miyuki – l’odeur qu’elle dégage, très particulière, qui sera comme un fil d’Ariane reliant divers événements pour culminer dans son apogée lors du «Takimono awase»-.
Une ode à l’amour, la beauté, la nature, comme autant de déclinaisons d’estampes japonaises raffinées et sensuelles.

Lausanne, promenades littéraires (Daniel MAGGETTI)

note: 3Café du Grütli Marylène - 6 juin 2017

Où êtes-vous si vous prenez un verre au Café du Grütli ?
A l’ombre de Genève, Lausanne peine à se faire un place dans le guide des villes qu’il fait bon connaître…Peut-être ne le cherche-t-elle pas. Moins clinquante, moins internationale, moins business class. Tout en pentes vertigineuses et montées sportives, cachée dans les vignes… Et plein sud quand vous admirez le lac! Lausanne c’est un café en terrasse ensoleillée quand Genève boit le brouillard !
(Pourtant rien n'y fait, les pieds dans l'eau et le nez dans les nuages, Genève est une belle dame !)
Pour les bonnes adresses, pour les évocations littéraires, pour les planches de BD (l’incroyable Palais de Rumine revisité par Witzig), également pour les dessins de Fanny Vaucher.
Si comme Blaise Cendrars, James Joyce, Charles-Ferdinand Ramuz, Lewis Trondheim, August Strindberg, Georges Simenon, Anne Cuneo, Cosey… vous passiez un peu de temps à Lausanne ?
"Les cimes de neige couronnent cette perspective d'Opéra, et , sous la terrasse, à nos pieds, les vignes jaunissantes se déroulent en tapis jusqu'au bord du lac."Gérard de Nerval

Tu ne tueras point (Mel GIBSON)

note: 4Dans l'enfer de la guerre Laëtitia - 23 mai 2017

Inspirée d’une histoire vraie, le dernier film du réalisateur australien dresse à la fois le portrait d’une certaine Amérique (imprégnée de valeurs morales, religieuses, patriotiques) et celui de Desmond Ross, jeune Adventiste qui s’enrôle dans l’armée en tant qu’infirmier pour servir son pays, mais refusant absolument de porter une arme. Le film est nettement découpée en deux parties, la première montrant la vie d’avant de Desmond, son amour naissant pour sa future femme, sa vie quotidienne auprès d’un père alcoolique et violent, et enfin son engagement, avec brimades et procès militaire à la clé, qu’il gagnera ; la seconde développant le récit détaillé de la bataille d’Okinawa, où il révélera sa vraie nature de héros.
N’en déplaise à ses nombreux détracteurs, Mel Gibson est de l’étoffe des très grands réalisateurs, filmant avec maestria les scènes de guerre de façon hyperréaliste, notamment avec un mouvement de caméra nous entraînant au-dessus de la falaise, nous donnant l’illusion d’être nous-mêmes plongés au cœur de la boucherie. On pense bien sûr au somptueux «Apocalypse Now», car «Tu ne tueras point» est à classer dans la catégorie des très grands films de guerre. Et on salue la performance d’Andrew Garfield, jeune acteur très prometteur.
Enfin, signalons que le vrai Desmond Ross a été décoré par le Président Harry Truman de la médaille d’honneur en 1945 pour avoir, au péril de sa vie, sauvé 75 hommes.

Un palais d'épines et de roses (Sarah MAAS)

note: 5Après Divergente et Hunger Games, le nouveau phénomène littéraire Marie-Eve - 17 mai 2017

Comment commencer à décrire Un palais de Roses et d’Epines, premier tome d’une trilogie YA fantastique dont l’auteur n’est autre que Sarah MAAS (Keleana).

Pour en avoir beaucoup entendu parler sur les réseaux sociaux (actuel incontournable de tout bookstagrammeur qui se respecte) avec les hashtags #acotar (A Court of Thorns and Roses), #acomaf (A Court of Mist and Fury, le tome 2) et plus récemment #acowar (A Court of Wings and Ruins, dernier tome), j’étais assez curieuse de voir ce que ce roman valait réellement.

Et après plusieurs heures absolument captivantes, force est de constater qu’il est actuellement impossible de passer à côté du phénomène ACOTAR.

L’histoire, un remix plus sombre de la Belle et la Bête, remaniée à la Sarah MAAS, est magistralement construite, tout en détails et finesse, imprévisible et envoutante, sensuelle et ensorcelante. Le monde de Prythian prend littéralement vie sous nos yeux. Quant aux personnages, ils sont plus qu’attachants et on peine à les lâcher à la fin de ce premier tome.

Spoiler : le second tome est encore plus phénoménal !

En conclusion, avec ACOTAR, syndrome de « il est tard mais encore un chapitre et j’arrête » assuré ! A lire !

Chère Ijeawele, ou Un manifeste pour une éducation féministe (Chimamanda Ngozi ADICHIE)

note: 4Fiez-vous à la douce musique du titre et ne passez pas votre chemin au détour du sous-titre ! Marylène - 10 mai 2017

Parce qu’il n’est jamais inutile de rappeler des fondamentaux, et comme le bon sens n’a pas besoin de grandiloquence, il faut lire le simplissime et pertinent livre de Chimamanda Ngozi Adichie.
Une toute petite lettre au contenu précieux, comme un écho à la « Lettre à ma fille » de Maya Angelou.
Court, évident, juste