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Betty Boob (Véronique CAZOT)

note: 3"Si tu ne peux plus me regarder, alors je ne veux plus te voir" Marylène - 15 février 2018

Attention récit burlesque ! Et pourtant, sujet pesant. Le cancer du sein…Et après ? Déconstruction, reconstruction, implosion puis explosion. D’un thème en béton armé, les auteures font une œuvre onirique.
Tout commence par l’ablation du sein de l’héroïne. Immédiatement, sans parole, [...]

Les Danois (CLARKE)

note: 3... Laëtitia - 15 février 2018

S’agit-il d’une épidémie ou de manipulations génétiques orchestrées par de grands laboratoires pharmaceutiques ? Partant de ce postulat dramatique, Clarke imagine dans cette BD d’anticipation des communautés immigrées du Danemark, puis d’Europe, victimes du virus «blond aux yeux bleus», qui [...]

Le lys noir n° 1
Faustine (François LARZEM)

note: 5Une justicière masquée Pauline - 14 février 2018

Combats à l'épée, inventions folles, complots, courses poursuites, morts. Beaucoup d'action et pas de longueurs ni de mièvreries. Faustine est une justicière masquée et terriblement attachante. L’auteur, François Larzem nous livre ici un roman rythmé, bourré d'aventures et de [...]

Simon Thorn n° 1
Simon Thorn et le sceptre du roi animal (Aimée CARTER)

note: 4... Pauline - 14 février 2018

Simon est un jeune garçon qui souffre de l'absence de sa mère. Il vit avec son oncle, surprotecteur ! Mais Simon a un secret, un don extraordinaire, il parle aux animaux et plus encore… !!! Un premier tome bourré d'action [...]

Le Manuscrit de Beyrouth (Jabbour DOUAIHY)

note: 3... Marylène - 10 février 2018

Surprenant, ce roman qui semblait commencer dans le plus grand sérieux, prend des allures cocasses.
Les personnages lisses et presque rigides, s’effritent de petits travers en petites moqueries.
L’auteur parvient à nous faire suivre avec intérêt croissant, un protagoniste qui n’est [...]

Les enquêteurs de l'Antiquité n° 1
Le cobra d'or (Alain SURGET)

note: 4Voyage dans l'Egypte antique Pauline - 9 février 2018

« Le Cobra d'or » est le premier tome d'une nouvelle série de romans historiques jeunesse, « Les Enquêteurs de l'Antiquité » d’Alain Surget.
Mérit et Timos vont devoir remplir une mission de la plus haute importance, même s'ils doivent pour [...]

Mon traître (Pierre ALARY)

note: 3Un salaud, c'est parfois un type bien qui a renoncé Marylène - 8 février 2018

On parle de roman pour « Mon traître » car Sorj Chalandon a modifié les noms et pris quelques libertés pour relater sa propre histoire d’amitié trahie avec Denis Donaldson, figure emblématique de l’IRA. Pour le cœur du sujet, tout [...]

J'ai lu j'ai vu j'ai entendu... ça m'a plu

 

Tel Père, tel fils (Hirokazu KORE-EDA)

note: 4... Laëtitia - 26 février 2015

Après «Nobody knows» où Kore-Eda filmait des enfants livrés à eux-mêmes, «Tel père, tel fils» est une fable douce-amère sur les conséquences psychologiques de la découverte de la non-filiation, tant sur les parents que sur les enfants. Le cinéaste s’attache tout particulièrement à la première famille, bourgeoise, limite ennuyeuse, et aux figures paternelles. Le premier père, Ryota, bourreau de travail, ne se reconnaît pas en Keita, son fils rêveur. Ryota croit en la voix du sang, surtout quand il rencontre Ryusei, son fils biologique, vif et têtu, plus conforme à son esprit de compétition. Quant au père de la seconde famille, c’est un vrai papa-poule qui aime prendre des bains avec ses enfants, jouer avec eux au cerf-volant. Quand les familles décident d’un commun accord d’échanger les enfants les week-ends, puis plus longuement, cela ne va pas de soi, vu les différences de tempéraments et de classes sociales. Tout en délicatesse, le cinéaste nous interroge : qu’est-ce-que la filiation ? Qui dominent des liens du sang ou de l’éducation ? Ce film, qui déploie la palette de toutes les émotions traversées dans ce genre de situation, marque la naissance d’un père, notamment avec la scène très touchante de Ryota découvrant les photos de lui prises à son insu par son fils, dont il ignorait l’étendue de son amour. Un très beau film tout en pudeur, qui a mérité son prix du Jury au festival de Cannes 2013.

Petites coupures à Shioguni (Florent CHAVOUET)

note: 3... Marylène - 24 février 2015

Conformément à son titre, cette enquête vous est livrée en petites coupures. Florent Chavouet reste fidèle avec cette construction à ses précédentes BD (Tokyo sanpo et Manabe Shima), fragments de paysages, portraits, de tickets de bus ou autres étiquettes de boîtes de conserves entremêlés d’anecdotes formant de très beau carnets de voyages au Japon. Cette fois, l’auteur propose une fiction avec un polar urbain assez déjanté.
Ce titre doit sûrement son fauve (Angoulême 2015) à l’ingéniosité de la construction du récit autant que des dessins, adoptant des points de vue audacieux dans les deux domaines. Si vous êtes déjà japonophile, c’est gagné d’avance. Si ce n’est pas encore le cas, ces flamboyantes aquarelles pourraient vous convaincre…

Prends garde (Milena AGUS)

note: 4... Laëtitia - 13 février 2015

«Prends garde» est un objet littéraire hybride regroupant 2 textes publiés tête-bêche, l’un étant un document historique, l’autre une fiction, le lecteur ayant toute latitude pour n’en lire qu’un seul ou confronter les 2 visions d’une même histoire, celle d’une révolte de paysans sans terre, louant leurs bras à des propriétaires terriens pour qui ils ne sont que des bêtes de somme, et finissant par le lynchage des sœurs Porro, incarnation de cette caste privilégiée. Andria, village des Pouilles, cumule tout pour que la mutinerie éclate : dans cette période d’après-guerre et de famine, l’impunité des notables, l’afflux de déserteurs, d’Albanais et de Grecs, de Juifs rescapés des camps en partance pour la Palestine, accentuent les tensions. Ceci est minutieusement rendu par le travail de L. Castellina, s’appuyant sur des archives d’époque. Pour ma part, j’ai une préférence pour la partie romancée, M. Agus donnant chair et humanité aux personnages des sœurs Porro, vivant dans une bulle qui les maintient dans l’ignorance des réalités de l’époque, toutes occupées par leurs prières et leurs broderies. Seules les visites journalières de leur amie (dénommée « elle»), excentrique et fantasmant sur Di Vittorio, syndicaliste communiste italien, apportent une bouffée d’air fraîs dans leur palais, jusqu’au drame. Un livre singulier sur un événement méconnu de cette sombre période italienne.

Attention au crocodile ! (Lisa MORONI)

note: 3... Pauline - 11 février 2015

Une petite fille part en vacances avec son papa à la recherche des bêtes sauvages. Mais les préparatifs, quel ennui ! Faire les courses, les bagages, le voyage interminable,...Voilà une petite fille bien impatiente de se frotter à l'aventure! Mais les bêtes sauvages se révèlent bien insaisissables sauf...si on a l'imagination de la petite Tora pour laquelle la moindre racine, le moindre tronc d'arbre, le moindre rocher se transforment. Oh ! Un serpent, des girafes, des elfes…! Et un papa qui finalement entre dans le jeu et devient du coup le meilleur papa du monde!
L’héroïne charme par son goût de l’aventure et sa détermination à modifier le regard de son père sur l’environnement qui l’entoure. Un très bel album hommage à l'imaginaire des enfants dans des illustrations pastel pleine page qui plaira sans aucun doute aux enfants avides d'aventures.

Jacob, Jacob (Valérie ZENATTI)

note: 3... Marylène - 6 février 2015

Après son roman épistolaire paru en 2005, adapté au cinéma en 2012 « Une bouteille dans la mer de Gaza », Valérie Zenatti, traductrice d’Aharon Appelfeld, puise dans sa propre histoire familiale pour ce nouveau titre. A travers la biographie romancée de son grand-oncle, l’auteure présente une modeste famille juive de Constantine dans tous les déchirements de ce milieu de 20ème siècle, entre guerre et décolonisation. D’abord exclu du lycée pour cause de lois anti-juifs au début de la guerre, Jacob redevient cyniquement français à part entière en juin 44 pour gonfler les rangs de l’armée de libération au côté de ses frères d'Algérie, toutes religions confondues dans la soudaine reconnaissance de la mère patrie. Remontant le Rhône puis le Rhin, ils libèrent la France, image d’Epinal de leurs livres d’école dont ils connaissent parfois mal la langue.
Le départ de ce fils, Jacob, Jacob, dont le prénom trébuche sur celui de son défunt frère, coïncidera avec la fin d'un "âge d'or" au goût de paradis perdu pour une mère, une famille, toute une communauté… Valérie Zenatti parvient à émouvoir en trouvant toutefois la bonne distance entre son intimité et ses personnages.

Le Maître (Patrick RAMBAUD)

note: 3... Laëtitia - 30 janvier 2015

Connu pour sa «Chronique du règne de Nicolas Ier», regard corrosif sur la politique actuelle, et connu comme pasticheur des Lettres, Rambaud nous livre ici une vie romancée du penseur Tchouang Tseu. Dans une Chine antique ravagée par les guerres de clans qui divisent le pays en royaumes, il suit la voie toute tracée de fonctionnaire au service des puissants, tout comme son père. Les courtisanes, les princes, forment un théâtre de la cruauté auquel bien vite il ne veut plus participer. Arpentant le pays, apprenant de ses diverses expériences et métiers exercés, mais aussi de l’observation de la nature, il suit la voie du tao, mais à sa façon, anarchique. Laissez-vous saisir par ce style fluide et poétique, ainsi quand il compare la vallée des quatre-vents à un orchestre : «Quand la terre respire, elle joue une symphonie.[…]La brise caressait les falaises et sonnait comme des flûtes, puis le vent frissonnait au ras des lotus, jouait entre les aiguilles de pin, ébouriffait les saules comme des chevelures de danseuses folles. Un son ample venu des lointains se précisait. Là où la forêt se clairsemait, les notes sourdes du vent battaient les feuilles larges et faisaient tinter comme des grelots les plus petites au bas des troncs. Sur les feuilles déjà sèches le son se changeait en plainte, et quand il léchait les grottes ouvertes comme des bouches à flanc de falaise, il en sortait un grognement de tambours».

Les Chroniques suédoises (Nils GLÖT)

note: 3... Marylène - 27 janvier 2015

Prenez les chroniques birmanes ou de Jérusalem de Guy Delisle, transposez les dans un pays riche et en paix, vous obtiendrez des chroniques suédoises. Attention, avant de demander un visa et de boucler votre valise, cette Suède là n’existe pas tout à fait ! L’auteur a choisi ce pays pour son fameux modèle social comme point de départ vers une utopie parfois délirante, parfois à peine exagérée. En poussant à l’extrême les réflexions sociales et écologiques des scandinaves, Nils Glöt dont le coeur balance entre facétie et admiration, nous fait rire tout en créant un monde poétique. Nils Glöt ? Ce dessinateur décidément très taquin, a brouillé les pistes même de son identité ! Derrière ce pseudonyme venu du froid , se cache un jeune français du nom de Thomas Lapanouse. Vous passerez un agréable moment avec cette BD conforme à son sous-titre : Un peu de Suède dans ce monde de brutes !

Les Fils de l'homme (Alfonso CUARON)

note: 3... Marylène - 24 janvier 2015

2027. Le monde est en guerre, pollué, à cours de ressources et ravagé par des épidémies pour achever cet apocalyptique tableau d’un univers Orwellien. Au milieu du chaos, l’Angleterre lutte contre l’invasion des réfugiés que la misère et les combats poussent à migrer sur l’île en paix. Tout aussi digne du 1984 d'Orwell, le pays est devenu une dictature policière vouée à repousser les immigrants par tous les moyens, au prix d’une guerre civile avec les groupuscules d’opposition dits terroristes. La première réussite de ce thriller d’anticipation est le décor réaliste, pas de gadgets technologiques outranciers, un paysage occidental crépusculaire plausible, ce qui le rend d’autant plus inquiétant. Quant au scénario, s’il reste classique dans l’action, n’en demeure pas moins intéressant en plaçant l’avenir de l’humanité entre les mains d’un fonctionnaire lambda, trahissant le système dont il est devenu un rouage huilé après une jeunesse contestataire. Quant à l’avenir, c’est une femme réfugiée enceinte, dans un monde frappé de stérilité totale depuis 18 ans… Non seulement Alfonso Cuaron parvient à faire de son adaptation du roman de P.D James un thriller palpitant et engagé sur la question des inégalités, mais en plus il restitue l’élégance distinguée de son origine anglaise. Du grand spectacle sans "american actors studio" grimaçant ni répliques simplistes. Viva Cuaron !

Les Combattants (Thomas CAILLEY)

note: 3... Laëtitia - 24 janvier 2015

Arnaud est un jeune homme posé qui travaille dans l’entreprise familiale. Alors qu’il construit un abri de jardin pour des particuliers aisés, il aperçoit leur fille, Madeleine, faisant des longueurs dans la piscine, avec un sac à dos lesté de briques. Intrigué, il découvre une jeune femme singulière, persuadée que la fin du monde est proche, et qui s’apprête à faire un stage militaire de survie de 15 jours pour parer à toute éventualité. Attiré par Madeleine, Arnaud s’inscrit aussi au stage. Adèle Haenel (vu dans «Suzanne»), toute en muscles et en pragmatisme rugueux, incarne à merveille ce personnage pessimiste mais réaliste (après tout, la destruction de la nature par l’homme, et de l’homme par l’homme, n’est qu’une question de temps). Kevin Azaïs (vu dans «La Marche») est juste dans son interprétation de jeune homme doux, se révélant dans ce stage de survie comme volontaire et solidaire. Dans une forêt des Pyrénées-Atlantiques, comme une parenthèse hors du temps, ces deux individus opposés vont finir par se rapprocher et l’amour va permettre à Madeleine de fendre (un peu) son armure. Un premier beau film inclassable qui donne envie de voir ce que va nous réserver Thomas Cailley.

De l'opéra à la chanson (Natalie DESSAY)

note: 3... Régine - 23 janvier 2015

Nathalie Dessay incarne avec brio depuis plus de vingt ans les grands rôles que ce soient ceux de la musique romantique, baroque, de la mélodie à la française ou du lied, de l'opéra comique ou du bel canto. Aujourd'hui la cantatrice aux aigus d'une pureté inégalable s'attèle au répertoire de la chanson française. Une anthologie pour découvrir ou redécouvrir cette artiste aux talents multiples.

La Parole contraire (Erri DE LUCA)

note: 4... Marylène - 22 janvier 2015

Voilà un tout petit livre tombé à point nommé dans le débat sur la liberté d’expression. Néanmoins rien d’opportuniste, il s'agit d'un réponse à son inculpation pour incitation au sabotage du projet de construction de la ligne TGV Lyon-Turin par une société française. Militant opposé au chantier dans la vallée de la Suze, il comparaîtra en janvier 2015 devant le tribunal de Turin ayant déclaré dans un journal «la LGF doit être sabotée». De Luca réfute l’accusation d’incitation à la dégradation rappelant que "saboter a une large application dans le sens figuré coïncidant avec le sens d'entraver". En dehors de l’engagement politique propre à l’auteur,le texte évoque l'influence des lectures, la figure de l'écrivain comme voix publique. Il soulève avec habileté le déséquilibre du rapport de force, même dans le droit d’expression: Si l’on considère que la parole de l’écrivain fait autorité et qu'elle est incitative à passer l’acte,pourquoi les chefs de partis peuvent-ils menacer d’évasion fiscale sans être poursuivis pour délit d'incitation ? Ne sont-ils pas investis d'une autorité intellectuelle eux aussi ? "L' écrivain possède une petite voix publique.Il a donc le devoir de protéger le droit de tous à exprimer leur propre voix. Parmi eux, je place au premier rang les muets, les sans voix, les détenus, les diffamés, les analphabètes et les nouveaux résidents qui connaissent peu ou mal la langue."

Le Dernier Homme n° 3
MaddAddam (Margaret ATWOOD)

note: 3... Laëtitia - 22 janvier 2015

«Maddaddam» est le dernier volet de la trilogie «Le Dernier homme», mais cette dystopie peut être lue indépendamment. Décimée par un virus fulgurant conçu par Crake, la population terrestre ne compte que quelques rares survivants : les Maddaddam, des biogénéticiens considérés comme l’élite et travaillant pour les Corps, devenus par la suite des saboteurs, les Jardiniers de Dieu, adeptes de la décroissance, végétariens et pacifistes, les Paintballers, sortes de gladiateurs recrutés parmi les pires psychopathes, les Crakers, race créée par Crake, et enfin des animaux génétiquement modifiés. Dans cet univers post-apocalyptique, des alliances se nouent pour lutter contre les paintballers, l’adoption du système D et des modes de vie ancestraux sont autant de tentatives pour survivre et recréer un monde décroissant, plus juste. Car au vu de l’engagement de M. Atwood concernant les questions environnementales, «Maddaddam» ne doit pas être lu seulement comme un bon divertissement de SF, mais bien comme un avertissement sur les dangers de la surconsommation, car nos ressources ne sont pas extensibles à l’infini. A lire absolument. Et à noter l’adaptation prochaine de la trilogie en série TV par Darren Aronofsky, réalisateur de «Black Swann» et «Requiem for a dream».

Debout-Payé (GAUZ)

note: 3... Marylène - 20 janvier 2015

Premier roman d’ Armand Gbaka-Bréké, alias Gauz, Debout-Payé est la voix des vigiles ivoiriens de Paris.
Plusieurs époques s’alternent pour évoquer des contextes historiques différents : la FrançAfrique des années 60-80 avec André et Ferdinand, puis les années 1990-2000 frappées par la crise économique, celles où Ossiri, le narrateur, arrive en France, suivies des années de plomb post 11 septembre 2001, période où Kassoum le rejoint. Tous sont ivoiriens, tous sans-papiers, mais chacun a des motivations et des buts différents.
Si ces récits parlent de l’immigration africaine, ils donnent aussi le pouls de la société française de consommation voire de la société de consommation globale, puisque toutes les nationalités sont présentes dans ces Temples de la consommation de masse. Ossiri pratique une méditation sociale et culturelle intense lors de ses longues stations debout et peu payées dans le Camaïeu de Bastille et au Sephora des Champs-Élysées. Par cette astuce, Gauz construit une sorte de glossaire satirique croustillant. Par mot-clé, tous les travers, les manies, les contradictions et autres paradoxes du consommateur sont compilés dans des brèves décalées. Expérience vécue par l’auteur, vigile étudiant sans-papier en biochimie à Paris, avant de devenir documentariste et rédacteur en chef d’un magazine. Son premier roman possède une patte très particulière, souhaitons vraiment que d’autres suivent …

Savais-tu ?
Les Marmottes (Alain M. BERGERON)

note: 4Bienvenue chez les marmottes ! Marie-Eve - 8 janvier 2015

Savais-tu que la marmotte creuse plein de trous autour de son terrier et qu’ils lui servent de cachettes en cas d'urgence ? Qu'elle perd la moitié de son poids en hibernant ? Qu'elle aime passer de longs moments à bronzer au soleil pendant l'été ?
Et oui, cette adorable petite marmotte qu’on peut voir batifoler dans nos montagnes est en réalité un animal surprenant et plein de ressources.
Avec des dessins colorés et bourrés d’humour et des mises en scènes cocasses venant appuyer chacune des anecdotes, ce documentaire, pourtant très sérieux, a de quoi faire sourire petits et grands.
Et une chose est sure : vous ne verrez plus jamais la marmotte de la même manière !

Gâteaux de fêtes joliment décorés (Abigail WHEATHLEY)

note: 4Des recettes à croquer, un livre à dévorer ! Marie-Eve - 20 décembre 2014

Vous ne pensiez pas réussir d’aussi beaux cupcakes au chocolat ? Vous imaginiez que votre gâteau papillon ne serait pas aussi beau que celui en photo ? Détrompez-vous !
Ce livre vous montrera comment réaliser avec vos enfants dix-huit gâteaux de fêtes qui éblouiront vos invités.
Les recettes sont faciles à suivre, avec des instructions claires et détaillées, parfaitement adaptées aux petits chefs comme aux pâtissiers débutants. Des dessins aux couleurs pastelles illustrent pas à pas les différentes étapes de la confection du gâteau. Verts anis, jaune citron, bleu ciel, rose bonbon… On se régale rien qu’en tournant les pages.
Quant aux idées pour décorer les gâteaux, elles sont simples mais efficaces. Un peu de chocolat fondu, et grâce aux modèles en fin de livre, vous réaliserez en un tour de main et sans aucune difficulté des étoiles, des flocons de neige ou même des papillons qui étendent leurs ailes, pour un résultat final à se lécher les babines.
"Gâteaux de fêtes joliment décorés", c’est un livre gourmand aux recettes alléchantes, véritable délice pour les yeux et les papilles, idéal pour initier les enfants à partir de 6 ans à l’art de la pâtisserie.

La Grande bellezza (Paolo SORRENTINO)

note: 5... Laëtitia - 18 décembre 2014

Sorrentino nous livre un bel ovni cinématographique : à la fois déclaration d’amour à la ville de Rome, filmée en travellings avant, arrière, latéraux, mais aussi peinture d’une société mondaine imprégnée de berlusconisme, sa comédie humaine fait mouche. Tony Servillo, qui est Jep, dandy parfois cynique mais au cœur tendre, incarne à la perfection cette élite décadente, à la différence qu’il ne se fait pas d’illusions sur la vacuité de sa vie. Pour oublier un amour de jeunesse et sa difficulté d’écrire, il s’étourdit de fêtes, de conversations mondaines où il se plaît à semer la zizanie, et de happenings artistiques à la limite du ridicule (scènes mémorables de la performance de la fille nue fonçant contre un mur et de l’enfant peintre). Cette farce satirique aux outrances felliniennes n’empêche pas des moments de tendresse (sa relation avec une strip-teaseuse, fille d’un ami de jeunesse), de grâce (sa rencontre au détour d’une ruelle avec Fanny Ardant, la visite nocturne de palais majestueux qui n’offrent leurs fastes qu’à quelques happy-few tel Jep). La musique, tantôt festive, tantôt mystique, fait le lien entre ces moments de vie, parfois superficiels, parfois riches en révélation pour Jep (révélation sur la beauté, qui peut résider dans des choses douloureuses ou insignifiantes, retour à certaines valeurs chrétiennes, etc). A voir absolument !

Kanopé (Louise JOOR)

note: 3... Laëtitia - 11 décembre 2014

C’est toujours un plaisir de découvrir le premier jet d’un artiste, son univers, sans références ni a-priori. Louise Joor est une jeune auteure belge de BD de 25 ans, et Kanopé peut être résumé comme un one-shot d’anticipation, mêlant aventure et romance sur fond de crise écologique. Kanopé, l’héroïne principale, vit en Amazonie en 2137, dans une jungle irradiée suite à un accident nucléaire ; paradoxalement, la jungle s’est adaptée par mutation et est presque devenue un eden comparé au reste du monde, surpeuplé, aux ressources naturelles limitées. Jean, un hacker en fuite qui incarne l’extérieur, y trouve refuge. Aidée de Kanopé, la fin laisse supposer que par l’union de leurs compétences, ils pourront peut-être sauver le monde… Outre l’histoire, le dessin soigné, les planches composées de cadrages dynamiques, l’omniprésence du vert de la canopée, et quelques passages quasi-muets, ponctués d’onomatopées d’animaux, nous aident à nous immerger dans cette jungle luxuriante et futuriste (perroquets à deux têtes, rares humains mutants) comme si nous participions à l’aventure ! Et à rêver que l’auteur transformera ce one-shot en suite !

Le Passage des ombres n° 1 (Alice MOSS)

note: 4... Pauline - 5 décembre 2014

C’est vrai que le synopsis a un air de déjà vu, on peut s’attendre à un triangle amoureux sans intérêt mais mettez de côté vos a priori !!
Dans la petite ville de Winter Mill, l'hiver arrive étrangement tôt cette année. Et il ne vient pas seul. Deux nouveaux jeunes gens viennent de débarquer en ville : Finn et Lucas. Finn au regard de braise ; Lucas sexy comme c'est pas permis... Tous ces changements rendent la vie un peu plus compliquée...
Parce que Finn semble connaître Faye. Depuis des siècles. Et que la mère de Lucas cache visiblement un terrible secret.
Y a-t-il un lien entre l'arrivée soudaine de Finn et de Lucas en ville, et ce cadavre retrouvé dans les bois ? Il semblerait que la petite ville de Winter Mill perde peu à peu sa tranquillité.
Bienvenue dans le monde de Faye McCarron ! Un monde rempli de secrets, d'amour, de bikers, mais qui est aussi maléfique et peuplé de meutes de loups...
"Le passage des ombres" dégage une atmosphère brumeuse, ténébreuse, résolument et durablement captivante. Un premier tome exaltant qui vous plonge dans une histoire fantastique qui saura vous passionner du début à la fin ! Vivement la suite !

Un Héros de notre temps (Céline WAGNER)

note: 3... Marylène - 4 décembre 2014

Adaptation du roman de Lermontov en BD, à lire pour rattraper sa culture littéraire romantique ou simplement pour l'aventure et le dépaysement. Petchorine, jeune officier russe envoyé dans le Caucase, incarne parfaitement le héros romantique (slave de surcroît !) de son époque. La Sainte Russie du tsar Nicolas Ier en guerre contre la Perse et l'Empire Ottoman, gagne du terrain en Eurasie malgré l'insoumission des peuples montagnards musulmans. C'est dans ce Caucase résistant que s'ancreront les différentes aventures qui constituent son portrait comme celui de toute une génération. Enfant du XIXe siècle, désabusé, cynique, se jouant des femmes et du destin, solitaire et brave car ne craignant pas la mort, cousin du Lorenzaccio de Musset et frère de l'Eugène Onéguine de Pouchkine.
Le dessin élégant de Céline Wagner sied au style sobre du poète russe. Rattrapé par sa propre plume, Lermontov meurt à 27 ans dans un duel au bord d'un précipice à Piatigorsk, dans le Caucase…
"Alors l’ennui me vint…Bientôt, on m’envoya au Caucase : ce fut la période la plus heureuse de ma vie. J’espérais que l’ennui ne survivrait pas sous les balles tchéthcènes ; j’avais tort : au bout d’un mois, je m’étais si bien habitué à leur sifflement et au voisinage de la mort, qu’en vérité j’attachais plus d’importance aux moustiques…"

L'Aigle de la neuvième légion (Kevin MCDONALD)

note: 4... Laëtitia - 3 décembre 2014

Adapté d’un roman jeunesse à succès de Sutcliffe, ce film part d’un incident historique (la IXe légion romaine volatilisée au-delà du mur d’Hadrien, ainsi que son emblème, l’aigle) pour nous entraîner dans la quête du centurion Marcus Aquila, qui 20 ans après les faits, décide de partir à sa recherche accompagné de son esclave Esca.Ce qui fait l’originalité de ce péplum intimiste, c’est la vision singulière du réalisateur et sa réflexion politique qui mettent à mal les clichés sur d’un côté le peuple civilisé, et de l’autre les «barbares».Car c'est une critique de l’impérialisme romain, et indirectement, de l’impérialisme américain. Le fait que les Romains soient tous interprétés par des acteurs américains et les Celtes par des Anglais ne peut être considéré que comme une véritable prise de position de MacDonald. Le choc des cultures entre Marcus et Esca laisse peu à peu place au respect, à l’amitié, notamment quand ils devront intervertir leurs rôles de maître et d’esclave pour sauver leur peau lors de leur passage chez les Pictes, hommes peints en bleu et dont le chef est interprété par un Tahar Rahim méconnaissable. Pour les fans de batailles quelques belles scènes, même si l’intérêt du film est plus centré sur la complexité des rapports humains et la nature comme personnage à part entière (ah! l’époustouflante beauté des Highlands, les forêts dignes des contes de fées).

Un Van Gogh au poulailler (Maureen MAROZEAU)

note: 3... Marylène - 2 décembre 2014

Les œuvres d’art ne dorment pas toujours sur leur piédestal ou pendues à un clou. Parfois, elles vivent d’étonnantes aventures hors les murs. Ces anecdotes permettent d’entrer avec légèreté dans la « grande histoire de l’art ». Sur un ton certes parfois sensationnaliste, ce livre a l’ingéniosité de mettre en scène des œuvres d’art comme des héros d’Alexandre Dumas. Il a aussi le mérite d’être suffisamment documenté pour ne pas être qu’un livre anecdotique et prouve une fois encore la valeur considérable de l’art tant sur le plan symbolique (pilier des civilisations pouvant mener à de vraies guerres diplomatiques), que sur le plan économique (quelques particularités du droit et de la de la fiscalité du marché de l’art…). A conseiller autant à ceux qui apprécient les musées, qu’à ceux précisément qui n’y mettent jamais les pieds !

Contes et légendes

note: 4Contes et légendes Régine - 28 novembre 2014

Les contes et légendes peuplés d'être maléfiques ou mystérieux, lutins, sorcières ou autres diables ont inspirés depuis le milieu du XIXe siècle de nombreux compositeurs tels Maurice Ravel avec "Ma mère L'Oye", Camille Saint-Saëns avec sa fameuse "Danse macabre" ou encore Nikolai Rimski-Korsakov avec "Schéhérazade" d'après Les Mille et une nuits...Tous ces poèmes symphoniques sont à apprécier dans ce CD en regard de l'exposition "Contes de fées" présentée au Palais Lumière.

Angry Birds Space (Amy BRIGGS)

note: 4Les oiseaux et les cochons s'envolent pour l'espace Marie-Eve - 27 novembre 2014

D’où vient la lune ? Qu’est-ce qu’un nuage de oort ? Qui a donné son nom à Pluton ? Autant de questions qui trouvent leur réponse dans ce documentaire revu à la sauce Angry Birds.
Les photos sont de qualité et les textes ont le mérite d’être courts mais pertinents, avec bon nombre de petites infos et d’anecdotes en bas de page, qui permettent de découvrir ou redécouvrir avec plaisir les mystères de l’espace. Qui plus est, les cochons et oiseaux de l’appli Angry Birds ajoutent une touche ludique et humoristique à ce documentaire déjà bien intéressant. L’ensemble donne envie d’en savoir plus sur l’espace, sans pour autant décourager les plus jeunes. A découvrir !

Contes et comptines à toucher n° 1
Un Petit cochon pendu au plafond (Olivier LATYK)

note: 4Une comptine à toucher Marie-Eve - 18 novembre 2014

Découvrez cette très belle version de la célèbre comptine "Un petit cochon, pendu au plafond" dans ce livre cartonné magnifiquement illustré, comprenant des décors en relief, des textures à toucher, et même un pop-up à déplier.
Un ravissant petit album à chanter et à manipuler qui fascinera les plus petits et qui rappellera de beaux souvenirs d'enfance aux plus grands.

Her (Spike JONZE)

note: 4L'Amour 2.0 Laëtitia - 14 novembre 2014

Dans un futur proche, Spike Jonze imagine un monde où, pour pallier l’ultramoderne solitude, l’homme peut établir une relation privilégiée avec son ordinateur, via un logiciel de compagnie élaboré. Toute la quintessence de cette solitude est symbolisée par la scène où, sortant des couloirs du métro, les hommes sont absorbés par leur conversation avec leur système d’exploitation virtuel, en oubliant leurs frères de chair. Car chaque machine a une voix unique, avec un système d’évolution et d’adaptation à l’humain. Théodore, incarné par Joaquin Phoenix, a du mal à faire confiance après son divorce. Ecrivain public dans une entreprise qui le paye pour rédiger de fausses lettres manuscrites personnalisées, (nostalgie d’un monde révolu ?) il a suffisamment d’imagination pour être tenté par cette expérience. La voix chaude, sensuelle de Scarlett Johansson, absente à l’écran et paradoxalement très incarnée, jette le trouble : est-elle capable d’éprouver des émotions ou se contente-t-elle de les singer ? Tout le sel du film est dans ce débat et dans la relation amoureuse qui se noue entre les deux protagonistes, nous questionnant sur l’éthique, le virtuel. Un logiciel pourra-t-il un jour être doté de sentiments ? Une relation amoureuse sera-t-elle possible entre un humain et un programme ? Film déroutant, mais passionnant.

Prévert inventeur n° 1 (Christian CAILLEAUX)

note: 3... Marylène - 13 novembre 2014

Une biographie prometteuse (trilogie en préparation) de l’étonnant Jacques Prévert, de 1921, l’année de son service militaire en Turquie, à 1931, celle de sa première publication. Une jeunesse dissolue, alcoolisée, désargentée mais festive avec une bande de copains tout aussi fantasques. Une vie communautaire entièrement dédiée à la création et au principe de plaisir, au cœur de Montparnasse, avant que le siège de l’avant-garde ne se déplace à St-Germain-des prés. Les amitiés se succèdent, Marcel Duhamel, Raymond Queneau, Yves Tanguy, Giacometti…et se défont, quand André Breton politise son discours. Entier, trublion, désintéressé, Prévert se met en danger et frôle la "punk" attitude avec 50 ans d'avance ! L'effervescence de ces années folles est joliment rendue par le dessin et les choix de mise en page de Cailleaux, déjà complice du scénariste Bourhis dans la BD "Piscine Molitor", biographie cette fois de Boris Vian (également disponible à la médiathèque).

Encyclopédie de la Web culture (Diane LISARELLI)

note: 3... Marylène - 7 novembre 2014

Faîtes-vous partie des 600 millions d’inscrits sur facebook et des 200 millions sur twitter ? Avez-vous déjà été victime d’un hoax ? Partagez-vous régulièrement avec vos collègues des Chuck Norris facts, rage comics ou liens peu recommandables en précisant à vos interlocuteurs si c’est NSFW ou pas ? Combien d’heures passez-vous à stalker pour tuer l'ennui ? Avez-vous déjà reçu un mot doux (ou plutôt un tendre mail) signé HADOPI évoquant vos trop longues vacances sur « the pirate bay » ? Sur les forums, êtes-vous plutôt lurker ou troll ? Si rien de tout ça n’a de sens pour vous , il n’est pas trop tard pour rattraper votre web culture ! Deux journalistes vous proposent des cours de rattrapage : les grands évènements et figures historiques, le vocabulaire, les sites, les pratiques et tous les incontournables du web. Il ne s’agit pas d’un documentaire à lire en apnée, compact et didactique, non, vous entrez par n’importe quel bout, en piochant de ci de là dans l’alphabet, de A comme Anonymous à W comme Wikipedia. Une lecture très plaisante grâce à une mise en forme aérée, très illustrée autour de textes clairs. Une réussite pour les novices qui souhaitent connaître un peu mieux l’univers sans y passer de fastidieuses soirées.

Doc à pattes
Les Animaux de la savane (Christine DENIS-HUOT)

note: 4Les animaux de la savane en relief ! Marie-Eve - 29 octobre 2014

Pop-up, rabats, roues... Tout un programme pour partir à la découverte des animaux de la savane et de leur mode de vie : comportement, alimentation, éducation, anatomie…
Lions, hippopotames, girafes, gnous, gazelles, oiseaux et autres petites bêtes vous dévoileront leurs secrets dans un documentaire ludique et dynamique, agrémenté de belles photos et de tout un panel d’animations qui donne envie de s’attarder sur chacune des pages. Une collection réalisée avec un soin tout particulier qu’on ne peut que recommander vivement.

Sacrés Italiens ! (Alberto TOSCANO)

note: 3... Marylène - 21 octobre 2014

Pourquoi un livre sur l’Italie ? Vous connaissez déjà : sa cuisine ensoleillée, sa mafia cinégénique, sa Renaissance, ses frasques Berlusconiennes… Le tout servi dans un même plat mêlant affection, dérision et condescendance sur la table d’un français, accompagné d' un air de Je t’aime, moi non plus... Alberto Toscano, journaliste italien vivant en France depuis 30 ans, propose de revenir sur ces clichés. Il expose les grandes lignes historiques et politiques de ce pays à la fois très jeune et néanmoins héritier d’une culture antique. Plus qu’un simple rappel d’histoire, il s’attache à mettre en lumière la capacité des italiens à réagir, à surprendre, à ne pas être là où on les attendait, à déjouer les idées reçues. Sous une forme de « lettre ouverte aux français », pleine d’humour, le contenu n’en est pas moins conséquent, selon ses propres termes, il « propose une réflexion sérieuse sans se prendre au sérieux ! ». Une lecture très fluide et agréable pour en savoir plus sur nos voisins…et sur nous-mêmes !

Promised Land (Gus VAN SANT)

note: 4... Laëtitia - 17 octobre 2014

Gus Van Sant est un cinéaste militant : pour la cause homosexuelle (Harvey Milk), ici pour la cause écologique, avec pour toile de fond l’exploitation du gaz de schiste. Même si le film soulève des interrogations bien légitimes sur ce sujet, c’est le dilemme moral (et l’évolution personnelle du personnage central, Steve Butler, incarné par un Matt Damon toujours aussi juste et sobre dans son jeu), qui est le cœur du film. Car il aurait été trop simpliste de faire de Steve Butler un héros cynique qui leurre les paysans au profit du capital, en l’occurrence Global, compagnie pétrolière. Non, Butler, en bon fils de fermier, croit sincèrement que le monde rural vit son déclin et qu’il offre aux paysans une porte de sortie. Mais l’irruption d’Alice, l’institutrice du village, pour qui il craque, d’un militant écolo obstiné et d’un retraité de Boeing poussant la population du village à réfléchir et à demander un vote démocratique lors d’une assemblée compliquent la donne et la résistance s’organise…

Bethléem (Yuval ADLER)

note: 3Cas de conscience Marylène - 16 octobre 2014

Thriller politique sec et maîtrisé, ce Bethléem est pourtant un premier film pour le réalisateur israélien Yuval Adler et son scénariste Ali waked, journaliste palestinien, tourné de surcroît avec des acteurs non professionnels. Une intrigue propice à une extrême tension psychologique (relation d’un agent des services secrets israéliens avec son jeune « indic », frère d’un membre d’Al Aqsa) conjuguée à une réalisation quasi documentaire, aboutit à un film frappant. Au-delà du contexte politique, c’est bien-sûr la relation des deux hommes qui prend le pas sur le récit. Il est toujours étonnant de constater comme l’histoire intime de 2 individus touche plus profondément (car plus précisément) que les évènements contextuels subis par la foule anonyme. Jouant sur nos nerfs avec l’imbrication de cette tragédie fratricide dans le drame social, le film fonctionne parfaitement de bout en bout, même si on peut rapidement présager de l’issue…

La Mythologie grecque (David LE TREUST)

note: 5 La mythologie grecque dans tous ses états ! Marie-Eve - 14 octobre 2014

Vous croyez tout savoir sur la mythologie grecque ? Les dieux et héros de l'Olympe n'ont plus de secret pour vous ? Détrompez-vous ! Ce documentaire, dont la couverture ressemble étrangement à une boîte à sardine, risque bien de vous surprendre : biographies express, dates clés, anecdotes drôles et croustillantes...
Un joli petit concentré d'infos sur 50 dieux et héros de la mythologie grecque, tiré d'une collection originale, légère et pourtant pertinente, qui dépoussière le genre avec brio.
Un véritable coup de cœur à découvrir !

La Cour de Babel (Julie BERTUCCELLI)

note: 4... Laëtitia - 10 octobre 2014

En posant sa caméra dans une classe de primo-arrivants de la banlieue parisienne, Julie Bertuccelli nous fait partager la fragile mais néanmoins enrichissante expérience de l’apprentissage du français, mais aussi de l’intégration à une nouvelle culture d’élèves venus de tous les continents. Elle donne la part belle aux enfants, mais aussi aux parents lors des réunions parents-profs : petit à petit, tous livrent leurs espoirs (Miguel a quitté le Vénézuela pour intégrer le conservatoire en espérant devenir un grand violoncelliste, Andromeda la Roumanie afin de s’assurer un bel avenir), mais aussi leurs difficultés et leurs craintes (Xin a laissé sa grand-mère en Chine et se sent seule en France, car sa maman travaille beaucoup et elle est souvent seule chez elle, ou encore Djenabou dont la tante la pousse à bien étudier, afin d’éviter de retourner au pays avec pour triste perspective excision et mariage forcé). S’il est délicat de restituer en une heure et demie le travail de toute une année scolaire, ce documentaire poignant et instructif est à montrer à tous les élèves, tous les professeurs, et aussi à tous ceux qui ont une vision erronée de l’immigration.

La Fête de Billy (Catharina VALCKX)

note: 4... Pauline - 7 octobre 2014

Aujourd'hui c'est l'anniversaire de Billy, et ce qui lui ferait vraiment plaisir, ce serait de faire une fête déguisée avec ses amis. Le voilà donc parti avec son meilleur ami Jean-Claude le ver de terre et son petit frère Didier, pour les invitations. Vous verrez que les amis de Billy ne manquent pas d'imagination pour leur déguisement, en particulier Didier, à moins que Jack le vautour n'en fasse son dîner...
Une histoire pleine d'humour, aux personnages aussi touchants que drôles, qui ravira les enfants.

Panic : Le jeu de la peur (Lauren OLIVIER)

note: 4Ne paniquez pas ! Pauline - 7 octobre 2014

Fan de Hunger Games...ou pas, vous allez adorer ce roman. Sans tomber dans la copie de la célèbre trilogie, Lauren Oliver nous captive dés les premières pages. Dans la misérable ville de Garp, dans l'Etat de New York, tous les élèves qui viennent de quitter le lycée peuvent participer à PANIC : un jeu où les épreuves s'enchaînent plus dangereuses les unes que les autres, et les perdants éliminés tour à tour. Personne ne sait qui l'a créé et qui fixe les règles. L'unique gagnant recevra une grosse somme d'argent qui lui permettra d'aspirer à une vie meilleure. L'auteur nous fait vivre cette aventure en alternant le point de vue de Heather, qui participe par dépit amoureux et de Dodge qui entre dans la compétition pour venger sa soeur. Un thriller palpitant mêlant trahisons, manipulations, révélations, amour et aventure qui nous tient en haleine du début à la fin. N'ayez pas peur, lisez-le !

A Touch of Sin (Zhang Ke JIA)

note: 4... Marylène - 3 octobre 2014

Une plongée sidérante dans la Chine contemporaine terre de paradoxes, où le communisme trouve de petits arrangements avec le capitalisme triomphant, où les usines ne s’arrêtent jamais pour satisfaire au commerce mondial qui n’enrichit que certains. Dans ce sombre tableau, les femmes sont des produits de consommation comme les autres et la jeunesse, main d’oeuvre corvéable, ne rime pas avec insouciance. 4 short stories, instantanés de la vie d’hommes et femmes de différentes régions, des mégalopoles aux immensités rurales, permettent d’appréhender un climat général de violence et d’injustice. Formellement impeccable, la mise en scène met le spectateur au bord de l’abîme. Sensation vertigineuse, images indélébiles.

Literary life (Posy SIMMONDS)

note: 3... Marylène - 27 septembre 2014

Posy Simmonds, auteure de Tamara Drew et de Gemma Bovery deux livres adaptés à l’écran, est aussi auteure- illustratrice pour la jeunesse et dessinatrice de presse. Et c’est justement entre ces 2 romans à succès que l’artiste aux multiples talents, a exercé pour le supplément littéraire du Guardian. De ces chroniques hebdomadaires compilées résulte une BD d’une centaine de pages d’une grande densité textes/dessins. Il y est question de panne d’inspiration, de doute existentiel, de manœuvres commerciales et d’ego, beaucoup d’ego ! Tous les acteurs du monde littéraire sont épinglés, écrivains, agents (système anglo-saxon oblige), éditeurs, critiques, chacun a sa part dans cette commedia dell’arte des Belles Lettres. Petite comédie de moeurs à l’anglaise, drôle et féroce à la fois.

Les Pops
Tu m'écoutes ? (Juliette VALLERY)

note: 4Gare au Barboglu griffu! Marie-Eve - 27 septembre 2014

Sourili a décidé de raconter une histoire à ses amis: "Il était une fois... un barboglu griffu", lance Sourili. Mais avec des amis aussi peu attentifs, difficile de continuer! Sourili va devoir faire preuve d'un soupçon d'ingéniosité et de beaucoup d'imagination pour regagner leur attention.
Un très bon album pour les tout petits avec des personnages attachants, des dessins frais et colorés, et une histoire bien ficelée aux touches d'humour qui feront sourire les jeunes lecteurs... et leurs parents.

Bouche d'ombre n° 1
Lou 1985 (Carole MARTINEZ)

note: 3Esprit es-tu là ? Laëtitia - 26 septembre 2014

Lou est une lycéenne rousse (allusion aux sorcières ?) qui mène une vie ordinaire : les cours, les footings avec les copains, un «sprint russe» (jeu consistant à avaler un maximum de verres de vodka alignés tout le long d’un couloir), jusqu’au jour où la bande à Lou organise une séance de spiritisme lourde de conséquences. Suite à cette séance, Lou croit rêver alors qu’elle a une prémonition et son univers fait d’insouciance bascule. Fantômes, hypnose, secrets de famille tissent une histoire singulière et attachante qu’il convient de ne pas déflorer, servie par le dessin délicat de Maud Begon, avec des spirales de couleurs mettant l’accent sur les parties teintées de mysticisme de l’histoire. Et quand la petite fille rousse de l’époque médiévale des premières planches revient hanter Lou à la toute fin du 1er tome, on attend avec impatience la suite.



Le Règne des Illuminati (Éric GIACOMETTI)

note: 4... Laëtitia - 25 septembre 2014

« Le monde se divise en 3 catégories de personnes : un très petit nombre qui produit les événements, un groupe un peu plus nombreux qui veille à leur exécution, et enfin une large majorité qui ne comprendra jamais ce qui s’est passé en réalité » (Nicholas Butler, prix Nobel de la paix 1931). Le ton est donné pour ce 9èm opus des enquêtes du commissaire Marcas. Nous sommes bien en présence d’un thriller ésotérique, avec des thèmes récurrents : le conspirationnisme, les sociétés secrètes, la vérité travestie par les apparences. Le plaisir de la lecture est double avec deux enquêtes se juxtaposant dans le temps : celle de Ferragus se passant sous le règne de la Terreur, et celle contemporaine du commissaire Marcas qui nous offre une plongée dans l’histoire des Etats-Unis. L’évocation des travaux du professeur Oughourlian (notamment sa théorie du troisième cerveau) et de comment la science pourrait être dévoyée au profit des puissants, étoffe davantage un roman déjà très dense. Ne boudons pas notre plaisir face à ce roman protéiforme (à la fois roman historique, ésotérique, polar). Ce roman est également disponible en version numérique sur les liseuses de la médiathèque.

Ainsi se tut Zarathoustra (Nicolas WILD)

note: 4Prix France Info de la BD d'actualité et de reportage 2014 Marylène - 23 septembre 2014

Nicolas Wild, le jeune dessinateur alsacien de Kaboul disco, rencontre à Paris la fille d’un intellectuel zoroastrien (nommé Cyrus Yazdani dans la BD) assassiné quelques années auparavant en Suisse. De cette rencontre fortuite va découler une aventure mi-journalistique mi-créative au cœur de l’Iran. A la fois visite culturelle, de Shiraz à Yazd (très belles planches d’architectures et de paysages) et chronique sociale d’une dictature contemporaine. Une recette déjà pratiquée avec succès par Guy Delisle, mais avec plus de volupté dans le dessin de Wild. Basé sur la vie de Kasra Vafadari, humaniste iranien, principal représentant et défenseur du zoroastrisme, ce livre a surtout la particularité d’évoquer les origines et pratiques de cette religion monothéiste presque aussi ancienne que le judaïsme et pourtant méconnue, voire en voie de disparition. Avec une distance pudique permettant d’user de l’humour malgré les circonstances, Wild dresse un portrait du pays entre flamboyante antiquité perse et actualité explosive. Fascinant Iran…

SuperZelda (Tiziana LO PORTO)

note: 3... Marylène - 20 septembre 2014

Il semblerait que Francis Scott Fitzgerald ait le vent en poupe. Son Gatsby s’est offert une clinquante affiche hollywoodienne en 2013 (3e adaptation du roman au cinéma), quelques années après le succès au box-office de « L’Etrange histoire de Benjamin Button ». Aujourd’hui c’est sa femme, Zelda qui fait l'objet d'une BD. Une personnalité exubérante et attachante, qui aurait pu être une féministe d’avant-garde si elle n’avait reconnu elle-même abhorrer les femmes. Le couple passionnément amoureux traverse les années folles de l’Alabama à New-York en passant par la France et l’Italie. Un itinéraire d’enfants gâtés entre hédonisme, création et désespoir, car la vie est courte, trop courte… Tiziana Lo Porto, journaliste romaine, propose un reportage étoffé d’extraits de correspondance et de témoignages de leur entourage. Une BD qui plaira certainement aux admirateurs de Fitzgerald tant la folle vie du couple ressemble à son œuvre.

Anaïs s'en va-t-en guerre (Marion GERVAIS)

note: 3... Laëtitia - 6 septembre 2014

Voici un beau portrait de jeune-femme : Anaïs ne rêve pas d’une vie bien rangée, d’une armoire pleine de vêtements dernier cri. Non, son rêve serait de posséder un jour sa propre terre, qu’elle loue pour le moment. Car Anaïs cultive des plantes aromatiques et médicinales qu’elles transforment en tisanes. Reine des près, marjolaine, pavot de californie n’ont pas de secret pour elle. Malgré les embûches, elle travaille comme une forcenée, car comme elle le dit « Je préfère travailler 60 heures pour ma passion que 35 heures pour des cons !». Elle nous touche dans son rêve d’une société alternative, où l’hyper-consommation, la rentabilité, la vitesse seraient bannies. Mais où la passion, l’enthousiasme, l’épanouissement de l’humain l’emporteraient. Vous pouvez suivre la trajectoire d’Anaïs sur son site :http://www.lestisanesdanais.fr/

K.O à Tel-Aviv n° 2
KO à Tel-Aviv - 2 (Asaf HANUKA)

note: 4... Marylène - 30 août 2014

Auto-fiction à la narration aussi inventive que la mise en forme, cette série possède des atouts artistiques indéniables pour sortir du lot des BD du genre. Pour la forme, Couleurs vives, ligne claire, dessin léché, ces scènes de vie quotidienne sont à l’origine publiées chaque semaine dans une revue économique israélienne. Pour le fond, il est difficile de présenter l’ensemble regroupé en 2 BD : strips de la vie ordinaire aux échos existentiels : vivre dans un pays en guerre, l’angoisse d’être père, d’être artiste, de ne pas boucler les fins de mois, la peur de la maladie, les renoncements, l’incommunicabilité dans une société ultra-connectée, mais aussi les petites victoires, l’amour malgré tout… et une bonne dose d’humour.
Des planches aux allures très personnelles frôlant le travail psychanalytique certes, qui peuvent cependant trouver écho en des milliers de personnes de sa génération.
Usant du rêve et du fantastique, son dessin n’est pas sans rappeler Moebius pourvu de la même force de « frappe » imaginaire immédiate. L’influence des comics de son enfance est aussi très présente, après tout, dans un monde si hostile, on est tous des super-héros pour prétendre au bonheur…

L'Extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire Ikea (Romain PUERTOLAS)

note: 3Titre également disponible sur liseuse et en livre audio Marylène - 27 août 2014

Ce roman burlesque vous fera passer un bon moment malgré ses limites. Les trépidantes aventures du fakir au royaume du « prêt-à-meubler » suédois sont vraiment cocasses, les péripéties défilent de ports en aéroports avec des accents « Monty pythoniens ». Quelques scènes à la Gérard Oury et un personnage principal bien incarné, rendent ce roman attachant. Quel dommage de se prendre les pieds dans le fil du sentimentalisme si maladroitement dans la dernière partie ! La situation des clandestins tentant d’atteindre l’eldorado européen au péril de leur vie, n’est pas mieux décrite dans un lourd et répétitif larmoiement que dans l’ironie faussement légère du début du livre. Pourquoi alors avoir changé de cap ? Le lecteur était-il trop stupide pour comprendre seul le 3e degré ? N’est pas Arto Paasilinna qui veut… Bon, erreur de l’auteur (ou de l’éditeur…) qui agace sans gâcher le plaisir de cette lecture. D’ailleurs, détail étonnant, le fakir du roman écrit un livre (sur sa chemise dans une soute d’avion). Un éditeur s’emballe pour ce premier jet, demandant néanmoins à l’indien prometteur… de réécrire la fin !

Filles impertinentes (Doris LESSING)

note: 3... Marylène - 13 août 2014

Doris Lessing, Prix Nobel de littérature en 2007 avait déjà livré beaucoup d’elle-même dans ses premiers romans évoquant l’Afrique notamment. Elle a 65 ans lorsqu’elle choisit une forme brute d’autoportrait livrant sa jeunesse, l’histoire de ses parents et de leurs relations comme l’aurait fait un observateur extérieur. Sans épanchement, comme détachée, elle analyse principalement la relation à sa mère. Le parcours de sa famille donne le ton d’une époque coloniale dont les principes s’effondrent sous les coups des guerres qui s’enchainent et des évolutions sociales. De l'Angleterre victorienne à la Perse où le père dirige une banque, puis à la Rhodésie du sud (actuel Zimbabwe) où il croit faire fortune avec ses plantations ou l’or, la chute sociale est terrible. Et tandis que Doris et son frère s’épanouissent dans la brousse fusil à l’épaule en compagnie des noirs, la mère perdue dans cet environnement hostile, voit s’effriter ses ambitions pour eux. Non, Doris ne sera pas une mondaine accomplie ni l’honorable mère d’un foyer pieux. Femme insolemment non conformiste, elle assumera même dans sa vie privée (outrageusement dissolue pour l’époque) ses engagements politiques. Parfois glaçante car sans concession, Doris Lessing est sans conteste une femme d’exception.

Théorie de Rio de Janeiro (Sébastien LAPAQUE)

note: 4... Marylène - 6 août 2014

Titre également disponible sur liseuse.
Un essai frais et concentré. Sur un air léger de balade au bout du monde, ce récit de voyages amoureux vous propose une vision fouillée, authentique et très personnelle de Rio. Suivant le parcours du romancier et journaliste à travers ses quartiers fétiches de la ville, nous découvrons des trésors méconnus loin de l’héliotropisme des plages de Copacabana. Une promenade aux accents littéraires et artistiques au gré des vers de Carlos Drummond de Andrade, des itinéraires d’exil de Cendrars, Zweig, Bernanos ou encore des visites de la Maison Castro Maya. Bien-sûr, il est aussi question d’histoire coloniale, de métissage, d’une nature exubérante, d’un urbanisme chaotique, de musique et même de foot.
« Le seul monument à voir au Brésil c’est son peuple », le ton est donné, je vous souhaite bon voyage…

Des Abeilles et des hommes (Markus IMHOOF)

note: 3... Laëtitia - 29 juillet 2014

Les abeilles participent pleinement au grand cycle de la vie : en butinant, elles fertilisent les fleurs et cette pollinisation fait qu’un tiers de ce que mange l’homme (fruits, légumes) existe. Mais le cercle vertueux peut être brisé : pesticides, parasites, pollution y concourent. Le réalisateur suisse, dont le grand-père a su lui transmettre sa passion en ayant construit une maison abritant ses 150 ruches, montre une image inquiétante de l’apiculture, devenue hélas dans une grande partie du monde une filière sans âme à l’égale de la filière agroalimentaire. Quelle ne fut pas ma stupeur d’apprendre que l’homme fait ingurgiter à ses abeilles un mélange d’eau sucrée et d’antibiotiques, comme pour les poulets en batterie, avec les conséquences désastreuses que l’on sait ! Heureusement, le reportage montre des exemples d’apiculture respectueuse, comme en Suisse ou encore en Australie, où des scientifiques bâtissent une arche de Noé pour abeilles, sur une île déserte. A voir, car très instructif.

Les Jacarandas de Téhéran (Sahar DELIJANI)

note: 4... Laëtitia - 16 juillet 2014

Tout comme «En censurant un roman d’amour iranien» de Mandanipour mêle la plus subtile poésie à l’âpre réalité d’une société qui pousse ses membres à la schizophrénie, «les Jacarandas de Téhéran», premier roman en partie autobiographique, est dans la même veine. L’Histoire y côtoie des histoires, nous livrant de magnifiques portraits de femmes et d’hommes courageux sur trois générations, avec un télescopage dans le temps qui permet au lecteur de mieux comprendre l’évolution de certains personnages, comme Leila qui s’abandonne pour l’amour d’Ahmad, et qui, l’ayant perdu, se consacrera à élever les enfants de la famille dont les parents sont emprisonnés pour opinions politiques. Parmi ces nombreux portraits, on retiendra le personnage d’Azar, qui en 1983, lors de la guerre Iran-Irak, donnera naissance à la petite Neda en prison (personnage inspiré de la propre histoire de l’auteur). Ou encore la découverte par une jeune femme des causes véritables de la mort de son père, celui-ci ayant été exécuté comme 30 000 autres citoyens en 1988, lors de l’une des plus terribles purges sous le règne de l’ayatollah Khomeyni. Mais tel le jacaranda qui se renouvelle pour donner des fleurs flamboyantes, malgré le sang versé, les histoires d’amour contrariées, l’exil, ces hommes et ces femmes permettront l’éclosion d’une nouvelle ère.

L'Arabe du futur n° 1
Une Jeunesse au Moyen-Orient, 1978-1984 (Riad SATTOUF)

note: 4... Marylène - 10 juin 2014

Riad Sattouf maîtrise l’art d’osciller entre humour et sociologie. Déjà, «la Vie secrète des jeunes», «Pascal brutal» ou "les Pauvres aventures de Jérémie ", tranches de vie humoristiques, n’étaient pas si légers et touchaient à des sujets sensibles avec pertinence. Dans « Ma circoncision » en 2009, il commençait un travail autobiographique aujourd’hui approfondi avec ce 1er tome du récit de sa petite enfance. Il a entre 2 et 5 ans dans les années 80. Son père syrien et sa mère bretonne, s’installent au gré des postes universitaires du père docteur es histoire, dans la Lybie de Kadhafi puis la Syrie d’Hafez Al-Assad après un brève passage dans la campagne bretonne. A travers son regard d’enfant, la brutalité sœur de la misère apparaît avec une étonnante lucidité pour son jeune âge. On rit de situations kafkaïennes dans la dictature libyenne, on frémit aux violences tant physiques que psychologiques engendrées par la pression sociale et religieuse dans le village paternel près de Homs. Une œuvre personnelle courageuse qu’il est étonnant de voir parfois qualifiée de bd comique. C’est vrai, Sattouf c’est « les Beaux gosses », mais ne l’abordez pas avec une idée préconçue, cette trilogie procède du travail de mémoire (certes subjective, cependant un point de vue brut sans clairement de jugement de valeur puisqu’il s’agit d’un tout petit enfant) sur la dictature syrienne, toujours en place aujourd’hui.