Critique

 

Hiver au Proche-Orient (Annemarie SCHWARTZENBACH)

note: 3L'ange inconsolable de Roger Martin du Gard Marylène - 5 juin 2018

Rebelle suisse, ce qui semble être un oxymore s’est incarné sous les traits d’une journaliste au visage d’ange : Annemarie Schwarzenbach. Lorsqu’on nait à Zurich en 1908 dans une riche famille d’industriels sympathisante de l’extrême droite, devenir journaliste globe-trotter est-il un antidote à la culpabilité, à la honte ? Etudiante en histoire, inséparable de Klaus et Erika Mann, elle crée à leur côté la revue antifasciste Die Sammlung à Berlin. En 1933, tandis que l’Europe bascule dans le fascisme, elle traverse la Turquie, la Palestine, la Syrie, l’Irak pour rejoindre une équipe d’archéologues. Commence alors ce qu’elle appellera « la malédiction de la fuite ». Elle réalise plusieurs reportages pour des journaux suisses et rédige le récit de cet "hiver au Proche-Orient". A fleur de peau, ses descriptions sont sensibles. Elle ne laisse pas l’exotisme dissimuler L’universel. L’orient ne lui permettra pas d’exorciser ses démons. 3000 photos, une cure de désintoxication et une internement pour soigner sa dépression plus tard, celle qui parcourut le monde et ses dangers, mourut des suites d’un accident de vélo en Suisse. A l’occasion du 75e anniversaire de sa mort, les Archives littéraires suisses mettent en ligne gratuitement ses 3000 photos prises au cours de ses voyages, disponibles sous ce lien :
https://commons.wikimedia.org/wiki/Category:CH-NB-Annemarie_Schwarzenbach